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Gouvernement – Le dilemme de Andry Rajoelina

Le président Rajoelina devra faire des choix qui ne freineront pas la timide impulsion de l’IEM. 

Le président de la République est de retour au pays. Le processus de mise en place du nouveau gouvernement va s’accélérer, mais non sans quelques maux de tête.

Quel sera le visage du nouveau gouvernement ? Une question que tous se posent, actuellement. Une question qui pourrait avoir une réponse dans les prochaines heures, ou d’ici demain, à en croire les dernières informations étant donné que Andry Rajoelina, président de la République, est rentré de son séjour mauricien, hier.
La Constitution veut que ce soit le président de la République qui nomme les membres du gouvernement, sur proposition du Premier ministre. Dans la pratique, c’est le chef de l’État qui tranche. Vue la conjoncture, faire la sélection de la nouvelle équipe gouvernementale pourrait ne pas être aisée. Le locataire d’Iavoloha et celui de Mahazoarivo pourraient être amenés à résoudre une équation à plusieurs inconnus.
Au regard des agitations en coulisse, depuis la démission et la reconduction de Christian Ntsay, comme Premier ministre, les portillons de Mahazoarivo et Iavoloha n’ont pas échappé aux bousculades des prétendants à un département ministériel. Il y a déjà la majorité à l’Assemblée nationale. Le groupe « Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRD), et bétonné par celui des indépendants veut cinq places « au moins », au sein de la future équipe gouvernementale. Une revendication qu’ils estiment légitime.
Aux revendications parlementaires s’ajoutent les « exigences » régionales. Dans la mêlée, même un repris de justice, ayant été l’objet de poursuite judiciaire pour l’exploitation et commerce illicite de ressources naturelles requiert publiquement que le nombre de ministres issus de sa région d’origine soit augmenté. Il y a, aussi, ceux qui avancent les résultats de la présidentielle pour plaider en faveur d’aspirants ministres issus de leur région.

Argument électoral
L’argument électoral, par ailleurs, est, également, mis en avant par certains élus à la Chambre basse. Ils souhaitent que « le gouvernement devrait refléter le choix des électeurs durant les législatives ». Ceci pour dire que la majorité parlementaire doit avoir voix au chapitre dans la formation et même la sélection des membres du gouvernement. Seulement, comme en janvier, Andry Rajoelina, souhaiterait avoir carte blanche sur ses choix. Au motif, notamment, de ne pas casser la dynamique de l’administration le chef de l’État et son premier cercle ne souhaiterait pas une grande révolution quant à la composition du gouvernement.
Les vagues de limogeage et de nomination qui pourraient suivre le remplacement de ministre risque, en effet, d’enrailler les activités administratives qui viennent à peine de trouver une vitesse de croisière. Rien que pour satisfaire le desideratum parlementaire, du reste, il faudrait augmenter le nombre de département ministériel. Ce que le président de la République pourrait rechigner à faire. Cela irait à l’encontre des engagements inscrits dans son Initiative pour l’émergence de Mada­gascar (IEM), et la politique d’austérité qu’il martèle.
La plupart des minis­tres sortant sont, justement, les architectes de l’IEM. Le locataire d’Iavoloha pourrait ne pas vouloir les évincer. Concrétiser sa vision est, justement, la raison principale pour laquelle il les a imposés à ses camarades politiques, en janvier. Sur les réseaux sociaux, particulièrement, des responsables Oranges tentent une contre-offensive face aux multiples revendications quant au visage du nouveau gouvernement.
Ils mettent en avant le fait que la technicité et la compétence des ministres dont la mission est d’exécuter la politique étatique devrait être les seuls critères de nomination. Fraichement élu, Andry Rajoelina a réussi à imposer ses choix, en janvier. Seulement, la donne a changé avec l’entrée en scène des nouveaux députés. Certains tablent, toutefois, sur la légitimité électorale acquise lors des législatives pour réitérer leur prétention à siéger au sein du gouvernement.
La majorité a fait comprendre au Premier ministre que la composition du gouvernement et son tempérament devrait être à son goût. Que le contraire a été les raisons des motions de censure durant la précédente législature. Les deux chefs de l’Exécutif sont, visiblement, dans une position inconfortable. Andry Rajoelina, notamment, fera, pourtant, ses choix, mais il devra les défendre.

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  • Quelque soit le parti politique, celui ou celle qui a enfreint déjà une fois la loi ou qui n’est pas dans la capacité de la remplir: en priorité la déclaration de son patrimoine avant sa prise de fonction effective dans le délai maximal de deux mois ne doit pas être admis ou admise. C’est la démocratie de l’impartialité.
    Mieux choisir l’élu sans patrimoine candidat méritant au vu de la tâche administrative à exercer seul ou assisté.

  • La présidente de l’assemblée nationale a toutes les raisons d’affirmer que dans les grandes démocraties la composition d’un gouvernement doit refléter la majorité présidentielle . C’est la règle républicaine dans un régime semi-parlementaire et qu’un ministre nommé a obtenu un mandat local . Le président de la république dans un minimum de respect envers son électorat aurait du annoncer la couleur dès le départ qu’il donnerait « carte blanche » à tous ces initiateurs de l’IEM pour éviter incompréhensions et frustrations . Problème : on manque d’impatience par exemple pour constater la réélle efficience à son poste du ministre actuel des mines et des ressources stratégiques . Enfin qu’on le veuille ou non il ne faut pas négliger le paramètre « équilibre régional » si on veut vraiment traduire dans les faits l’union nationale . Tsy dondrona daholo akory ireo olona avy anindrana ireo !