Editorial

Faux d’artifice

Ironie du sort ou malédiction? Le feu d’artifice, pourtant suspendu semble avoir pris de court les habitants des 67 hectares.

Le spectacle est terrifiant. Tout un quartier part en feu avec une vitesse irrépressible. Les habitants tentent de limiter les dégâts, de repousser l’ivresse du feu, de sauver le peu de bien que trois mois de confinement leur a bien voulu laisser. Le sort est bien vilain en compliquant une situation intenable pour la population nécessiteuse. Avec coronavirus et les contraintes sociales et économiques qu’il charrie, on se passerait bien d’un tel drame qui anéantit tant d’année d’efforts et de privation.

« L’aubaine » arrive à point nommé pour les autorités qui sont accourues apporter ce que la main a pu grappiller. La charité en pareille circonstances est une recette qui marche. Et on comprend pourquoi le drame est récurrent. C’est le troisième incendie de cette ampleur dans la ville en quelques mois sans qu’aucune mesure préventive ou dissuasive n’ait été prise. Aucun effort n’a été consenti pour éviter ce genre de drame dans des quartiers où la pauvreté et la négligence vivent en parfait concubinage, l’imprudence flirte en permanence avec l’inconscience. On parlait d’interdiction des constructions en bois pour éviter ce genre de drame mais c’est certainement chercher des poux dans une tête chauve. Au moins, on aurait du viabiliser ces endroits et imposer une « distanciation sociale » entre chaque construction pour éviter la contamination par le feu.

Dès demain, les victimes tenteront de reconstruire sur des ruines, avec les mêmes matériaux, la même promiscuité, les mêmes principes. Et elles espèrent avoir un meilleur sort. Pour le moment le confinement est impossible pour les sans-abri plus que jamais exposés au coronavirus.

Quand on rajoute les difficultés des sapeurs-pompiers pour accéder au lieu du drame et trouver des bouches d’incendie, on se demande pourquoi ces drames ne font pas beaucoup de victimes. Il fallait pas en rajouter.

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