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Frappé d’un mandat d’arrêt – Le sénateur Lylison provoque l’état

Dans une vidéo publiée sur le web, le sénateur Lylison nie le flagrant délit motivant sa poursuite. L’ancien commandant des FIS se défend en qualifiant le mandat d’arrêt, à son encontre, de décision politique.

Riposte. Par le biais d’une vidéo publiée sur le site youtube et largement partagée sur facebook, le sénateur Lylison René de Roland est sorti du silence pour répondre aux charges qui sont retenues contre lui. L’élu de la province de Mahajanga réfute le qualificatif de flagrant délit de son appel à la tenue d’une ville morte.
« Appeler à tenir une ville morte et à des réflexions dans les “fokontany” ne peuvent nullement être qualifié de flagrant délit. Les barrages ou autres choses ne devraient pas être assimilées à mon appel. Si tel est le cas, l’ordre de poursuite à mon encontre est une décision politique », soutient le membre de la Chambre haute. Le sénateur a lancé son appel dans la soirée du 23 mai. Il s’en est suivi des barrages dressés très tôt le matin du 24 mai dans quelques rues de la capitale, notamment, à Ambohipo, près de sa résidence. Le 25 mai, un régiment d’éléments des forces de l’ordre a quadrillé le domicile du sénateur pour une perquisition.
Absent lors de la perquisition de sa maison, l’ancien commandant des Forces d’intervention spéciale (FIS), est introuvable. Lors d’une conférence de presse, il y a quel­ques jours, le général Florens Rakotomahanina, commandant de la Circonscription interrégionale de la gendarmerie nationale d’Antana­narivo (CIRGN), a, pourtant, affirmé que le colonel Lylison est activement recherché. Après plusieurs jours de silence, le sénateur a donc choisi une vidéo d’un peu plus de onze minutes pour répliquer aux assauts de la justice.
Bien que, visiblement, tourné par un vidéaste amateur, le fond du vidéo a, semble-t-il, été bien soigné afin d’éviter que l’endroit du tournage soit identifiable. Ce qui pourrait indiquer que l’officier supérieur des bérets noirs est en planque.

Dénouement
Dans cette vidéo, le colonel Lylison a chargé la procureure du tribunal de première instance (TPI), d’Antananarivo. « Vos supérieurs se sont désolidarisés du sujet. Vous êtes donc, entièrement responsable de votre décision politique », a-t-il lancé. Le jour de la perquisition au domicile du sénateur, à Ambohipo, la procureure de la TPI, mais aussi, celui près de la Cour d’appel d’Anta­nanarivo, ont tenté de brouiller la piste sur le motif de la perquisition et même sur l’existence d’un mandat d’arrêt contre l’élu de la province de Mahajanga.
Si la procureure de la TPI a déjà laissé filtré quelques indices sur le flagrant délit, le procureur près de la Cour d’appel a, un temps,  semblé soutenir la thèse contraire en indiquant qu’une procédure de demande de levée de l’immunité parlementaire du colonel Lylison est envisagée. L’intervention de Charles Andriamiseza à l’Assemblée nationale, lors du face-à-face avec les députés, mardi, contredit, cependant, les affirmations de l’ancien commandant du FIS sur la désolidarisation de ses supérieurs hiérarchiques à la procureure.
« Nous en avons déjà informé le Sénat, le sénateur Lylison fait l’objet d’une poursuite pour flagrant délit d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État », a déclaré le garde des sceaux, en ajoutant que quatre autres personnes impliquées dans le dossier sont déjà écrouées en prison. Les indiscrétions indiquent qu’il s’agit des personnes arrêtées pour avoir dressé les barrages au lendemain de l’appel à la tenue d’une ville morte, lancée par l’ancien chef de fil des bras armés du pouvoir de la Transition. La vidéo du membre de la Chambre haute pourrait être dans l’optique de répondre à la Justice.
Dans son tacle à la procureure de la TPI, le sénateur qui est, vraisemblablement, toujours en cavale a soutenu « vous avez pris une décision politique. Assumez-là jusqu’au bout. Quoi qu’il en soit, je viendrai vous faire face ». Serait-ce une annonce que l’élu sortira incessamment de sa tanière pour batailler en justice   Ou est-ce un prémice d’œil à la solution juridico-politique demandée par le groupe parlementaire MAPAR à l’Assemblée nationale, en contrepartie de son soutien affirmé au gouvernement   Les mots de l’ancien commandant des FIS sont, toutefois, loin d’un appel à l’apaisement.

Garry Fabrice Ranaivoson