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Lutte contre le blanchiment d’argent – Samifin change de stratégie

Mamitiana  Rajaonarison, DG de  Samifin.

Le Service de renseignement financier de Madagascar (Samifin) a entamé la mise en œuvre de son 3ème plan stratégique.

«Pour l’économie », tel est le leitmotiv dictant l’attitude, les projets et les activités du Service de renseignement financier de Madagascar (Samifin) qui a rendu public dernièrement son rapport d’activités et présenté son plan stratégique pour les cinq années à venir Selon son directeur général, Mamitiana Rajaonarison, ce maître-mot traduit l’engagement de cette structure à contribuer au développement économique du pays à travers la maîtrise des flux financiers illicites.

«Notre vision est qu’à partir de 2026, le Samifin serait un service de renseignement financier de référence au niveau régional aussi bien en termes d’impact qu’en termes de coopération et de mobilisation », soutient aussi le patron du Samifin qui est en fonction depuis le mois de mars de l’année dernière. Et lui d’ajouter que « pour éviter de naviguer à vue, le Samifin a élaboré un plan stratégique ambitieux, audacieux mais à la fois pragmatique ».

Le plan quinquennal 2022-2026 devrait permettre au Samifin de se conformer aux standards internationaux et de renforcer la synergie entre les acteurs nationaux ainsi que la coopération internationale en matière de renseignement financier. Il vise également à assurer l’effectivité des dispositifs afin d’atténuer les risques et menaces liés aux activités financières illicites et de détecter et réprimer les flux financiers évoluant en dehors du circuit légal.

« Dans l’esprit de bien servir l’économie, nous nous attaquerons en priorité aux dossiers d’envergure. De cette manière, nous comptons rentabiliser au mieux les investissements du gouvernement au profit du Samifin, dissuader les flux financiers illicites et améliorer l’attractivité de Madagascar vis-à-vis des investisseurs directs étrangers », a-t-on aussi indiqué.

Toujours selon les explications fournies, au plan sectoriel, le blanchiment lié aux fraudes fiscales et douanières, à l’exploitation et l’exportation des ressources naturelles (mines, pêches, forêts, faunes et flores, etc.), la constitution d’avoirs illicites à l’étranger, le détournement des deniers publics et la menace relative à l’utilisation de plus en plus importante de la cryptomonnaie retiendront l’attention du Samifin durant les prochaines années.

Collaboration avec l’ARAI

Le Samifin qui souligne que la lutte contre les flux financiers illicites impose la participation de toutes les parties prenantes. Pour ce faire, le service privilégie une approche multi-agence et holistique pour l’ensemble des volets de son troisième plan stratégique. « Ainsi, j’exhorte tout un chacun à s’unir dans la lutte, à s’impliquer dans la mise en œuvre de la stratégie adoptée et à prendre chacun sa part de responsabilité pour atteindre notre vision d’un Madagascar doté d’un secteur financier assaini, artisan de son propre développement économique », a déclaré Mamitiana Rajaonarison.

La production trimestrielle de statistiques sur le traitement des déclarations reçues ainsi que l’appui à l’orientation du système d’information et de suivi du PAC d’Antananarivo et des TPI, afin de disposer d’informations pertinentes sur les condamnations, figurent parmi les actions actuelles du Samifin. Il y a lieu également d’élaborer des conventions de partenariat avec l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (ARAI), pour obtenir des informations sur les biens gelés, saisis ou confisqués, ainsi qu’avec le ministère de la Justice pour suivre l’évolution de l’entraide judiciaire.

Concernant les activités réalisées au cours de l’année 2021, il a été rapporté que le nombre de déclarations traitées a connu une régression de l’ordre de 39% par rapport à l’année précédente, alors que les « enjeux financiers détectés » ont connu une augmentation de plus de 200%. On sait en outre que les fraudes fiscales, les infractions douanières ainsi que les infractions de change sont les infractions d’origine les plus récurrentes dans les analyses effectuées.

À savoir que le Samifin est un service de type administratif. De ce fait, il ne dispose pas de pouvoirs d’enquête ou de poursuite. Il ne dispose pas non plus de la qualité de police judiciaire. Par conséquent, les produits de ses enquêtes et de ses analyses n’ont pas valeur de preuve judiciaire. En revanche, il est compétent pour recevoir, traiter et analyser toutes informations utiles liées à des faits de blanchiment de capitaux, des infractions économiques et financières y étant relatives ainsi que des informations sur le financement du terrorisme et le crime organisé.

Le Samifin communique les résultats de ses analyses sous forme de rapports de renseignements aux autorités judiciaires ou aux administrations spécialisées aux fins de donner une suite appropriée, notamment l’ouverture d’une enquête judiciaire, d’une poursuite pénale ou le traitement par les administrations spécialisées à des fins d’enquêtes ou d’actions. Il assure également un rôle stratégique dans la coopération entre les acteurs intervenant dans son domaine.

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