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Loisirs – Mode – « Value », du prêt-à-porter très couture

Deux talents de la mode, le designer Tantely Rakotoarivelo et le hairstylist Hardi Bourges, sortent leur griffe baptisée « Value ». La première collection capsule décrit l’esprit de cette nouvelle marque qui se distingue par son concept entre le prêt-à-porter et la couture.

Les femmes « Value » se distinguent
par leur style épuré.

La mode s’adresse à plusieurs franges de clientèle. La haute couture cible les célébrités et les hautes personnalités. Chaque modèle, souvent unique, est travaillée à la perfection en utilisant des matières nobles et des accessoires de valeur. Il existe également la version couture, dupliquée à une série limitée et destinée à une clientèle aisée. Et le prêt-à-porter cible la masse avec un modèle reproduit exponentiellement suivant la capacité de la marque.
Le prêt-à-porter est constitué de pièces vendues en tant que produits finis et non pas réalisées sur mesure. Traditionnellement, celui-ci s’oppose, pour les femmes, à la haute couture, et pour les hommes, à la grande mesure. Il désigne le passage de la couture artisanale et du vêtement sur-mesure à la standardisation des tailles qui permet la production en série. Le concept du prêt-à-porter a vu le jour lors de la Première guerre mondiale. L’armée américaine devait habiller ses soldats le plus rapidement possible. Les tailles standardisées font gagner du temps de fabrication et baisser les coûts. Cette technique s’appelle alors la « confection », le terme s’élargira et désignera désormais l’ensemble des industries de l’habillement.
En France, Jacques Heim, président de la Chambre syndicale de la haute couture, a lancé le « prêt-à-porter création» en 1958 pour vendre des modèles spéciaux destinés à la vente en série. Quelques années plus tard, les couturiers eux-mêmes lanceront le « prêt-à-porter des couturiers » afin de se démarquer du « prêt-à-porter industriels » qui utilise des matériaux moins onéreux, des formes plus simples et surtout qui possède moins de prestige.

La valeur ajoutée
qui singularise la marque.

Sous licence
Suivant un modèle économique qui perdure de nos jours pour les maisons de couture, le but consiste alors à décliner des modèles abordables à partir des collections de haute couture. Mais ce « prêt-à-porter des couturiers» est encore considéré comme un sous-produit de la « basse-haute couture ». Jusque dans les années 1960, le prêt-à-porter côtoie donc la haute couture, mais celle-ci, et le luxe en général, perdent du terrain.
De plus en plus, suivant le modèle initié très tôt par Christian Dior avec Miss Dior et d’autres, les grandes maisons de couture produisent en parallèle du prêt-à-porter et des produits sous licence. Pierre Cardin, Carven, deviennent des marques commercialisant leurs noms sur toutes sortes de produits. Courrèges arrête un temps ses activités de haute couture pour développer deux gammes de prêt-à-porter. Yves Saint Laurent avec sa ligne Rive gauche marque son époque avec son prêt-à-porter luxueux. La mode passe des ateliers aux usines, et des boutiques à une distribution à grande échelle.

Les hommes
dégagent une force et une assurance avec élégance.

Son pesant d’argent

Née de l’association du designer Tantely Rakotoarivelo et du hairstylist Hardi Bourges, la nouvelle marque « Value » a été présentée dans la soirée du samedi 18 mai. Le défilé de mode a investi une rue d’ Ankadifotsy en face leur showroom portant l’enseigne Value, vis-à-vis de l’ISCAM. Quatorze modèles pour femme et sept pour homme composent la première collection capsule pour hiver de la marque.
L’esprit couture se trouve sur les petits détails. Une coupe structurée met en valeur la silhouette de la personne qui porte chaque modèle. Dentelles, guipures, perles ornent certaines créations. Les boutons et les boucles sont faites en argent massif. Des détails qui rehaussent la valeur de chaque pièce. Vestes, pantalons, robes, jupes arborent plusieurs aspects dans des teintes blanches en général. Le rouge se veut ardent, et le vert chatoyant, tandis que le marron apporte du confort. L’ensemble présente un style épuré.
« Value est un terme anglais traduisant la valeur. C’est une conjugaison de nos talents respectifs autour d’un projet en commun. Je resterai designer et Hardi va être le styliste de Value. Nous nous adressons à tout le monde par ce que chacun de nous tous porte une valeur et a le droit d’être unique. Notre collection sera en édition limitée », précise Tantely Rakotoarivelo.

Les deux créateurs posent
avec leurs modèles
à la fin du fashionshow.

Réactions

« J’aime bien le côté épuré et structuré. C’est très prêt-à-porter, mais je crois que c’en est le but. Un très bon début », constate le styliste Vida.
« Ils ont su transmettre un message permettant d’assumer la personnalité de chacun avec élégance », laisse entendre la styliste Ma Randrianalidera.
« Je trouve très important leur audace de travailler ensemble. C’est ce côté-là qui manque à Madagascar », déclare la styliste Tachou.

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