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Editorial

Les jours de gloire des « fokontany »

Le président de la République, Andry Rajoelina, a réparé une injustice de plusieurs années en redonnant aux «fokontany» leurs lettres de noblesse. Ignorées par les citoyens, à peine considérées par l’Administration centrale, ces structures de base et de proximité par excellence, sont aujourd’hui d’une utilité primordiale. Par cette impérieuse nécessité de venir en aide aux couches sociales les plus vulnérables, obligées de se confiner dans une promiscuité souvent intenable, vivant dans l’extrême précarité, proies faciles du coronavirus. C’est presque un cadeau du ciel que la pandémie n’ait pas encore fait des ravages dans ces foyers propices à sa prolifération. Ici, il est quasi-impossible de se tenir à l’écart avec un mètre de distance. Une contiguïté favorable à des relations sexuelles incestueuses.

Qui d’autres que les actuels «Chefs fokontany» et leurs collaborateurs, mal équipés eu égard à leurs tâches quotidiennes, avec leurs rémunérations dérisoires, sont-ils en mesure d’identifier avec exactitude ces bataillons d’indigents, tapis dans l’ombre de la misère et du dénuement total ?

Les volets du plan d’urgence sociale, «Tsena mora», «Vatsy Tsinjo» ou «Tosika Fameno», s’organisent désormais autour des responsables et articulations des «fokontany», soutenus par des volontaires membres du « Comité Loharano ». Ce qui facilite quelque peu l’opération de distribution. Même si des voix se font attendre ici et là pour dénoncer un relent de corruption. Le choix des bénéficiaires de ces donations de l’État soulève des contestations de la part d’une frange de la population.

Mais du côté d’Ambatomainty, une dame défendant les causes de son « fokontany » a remis les choses à leur place. Avec fermeté et détermination, elle s’est adressée à une foule des frondeurs.

« Vous n’avez jamais manifesté le moindre intérêt pour les activités communautaires. Et voilà que vous revendiquez des droits qui supposent, au préalable, des obligations ». Par exemple, une sorte de contribution financière symbolique, 200 ariary par mois, soit 2 400 par an, pour avoir le «Kara-pokontany». exigée pour avoir des paperasses administratives utiles, comme le précieux certificat de résidence. « Dispersez-vous, aujourd’hui aucun miracle ne se produira», a poursuivi l’égérie des fokontany» pour clore le débat.

Des politiciens ont moqué le « Kara-pokontany » utilisé pour le référendum constitutionnel de 2010, ayant accouché de l’actuelle quatrième République. Ces cartes de résidents étaient quand même plus fiables que celles de l’identité nationale. Si l’on se fie aux révélations polémiques de Thierry Rakotonarivo, il est temps de donner aux «fokontany» la dignité qu’ils méritent. À commencer par la dotation en équipements et outils informatiques. Pour être dans l’ère du temps.

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