Economie

Secteur privé – La suspension des obligations fiscales et sociales réclamée

Nirina  Olivier  Rakotoson  évoquant  le  souhait de  suspension  des  obligations  fiscales  et  sociales.

C’est dans l’attente de la réactivité de l’État que des entreprises et entrepreneurs expriment une difficulté dans l’acquittement de leurs obligations fiscales et sociales.

Réserve. Le secteur privé commence à être en proie à des difficultés d’acquittement des obligations sociales et fiscales, tout en employant une grande partie de la population active. « On ne va pas dépouiller l’État de ses moyens de subsistance et de fonctionnement mais nous sommes disposés à entrer en négociation en faveur de la suspension de l’acquittement des obligations fiscales et sociales », précise Andrianavalomanana Razafiarison, président du groupement du patronat malagasy ou Fivmpama, joint au téléphone. Selon lui, « évoquée en raison de la crise sanitaire impactant les activités économiques dans leur ensemble, cette proposition reste maintenue ».

L’État, par la voix de la ministre en charge de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat, Lantosoa Rakotomalala, s’est résolue à tenir une réunion urgente avec tous les représentants des secteurs d’activités économiques du pays, jeudi. Selon le témoignage de Nirina Olivier Rakotoson, président du GEHEM ou Groupement des exportateurs d’huiles essentielles, extraits et oléorésines de Madagascar, « La décision de l’État n’a pas été annoncée mais les responsables étatiques dont le numéro 1 du fisc, ont entendu tout ce que souhaitent les opérateurs en cette période dégressive pour l’économie nationale. La suspension du contrôle fiscal a été également demandée lors de la rencontre ».

 Mesure de grâce

Un industriel, présent à la même réunion, n’a pas caché que « le retard inévitable dans l’acquittement à temps des obligations fiscales et sociales résulte en vérité du risque de difficultés de trésorerie vue la situation actuelle où doit se trouver les forces de production, humaines et logistiques ».

Le ministre de l’Économie e t des finances, Richard Randriamandrato, n’a pas encore officiellement réagi. L’administration fiscale et le trésor public sont sous son autorité. « Son ministère est cité dans la proclamation décrétale de l’état d’urgence sanitaire, justifiant en conséquence, la possibilité de la prise d’une mesure conservatoire ou urgente par exemple », rappelle un opérateur dans l’immobilier. Selon celui-ci, « des échéances de paiement vis-à-vis des banques arrivent, pourtant plusieurs entreprises ont contracté des emprunts. Le secteur financier est aussi à voir de près pour éviter des répercussions négatives sur le circuit. Les moyens pour s’acquitter de toutes les obligations fiscales sont peu à peu réduites à néant ». D’après la confirmation de Nirina Olivier Rakotoson, « des représentants de l’APB ou Association professionnelle des banques, venus à la réunion entre les autorités et les opérateurs, ont pris connaissance de la situation difficile à laquelle est exposée le milieu économique ». Eviter le déséquilibre fatal de trésorerie conduit les opérateurs économiques à faire valoir leur demande en suspension du règlement des obligations pécuniaires vis-à-vis de l’État. « C’est la suspension temporaire des obligations à la CNaPS, à l’Ostie, vis-à-vis de l’administration fiscale, qui est souhaitée. Les activités économiques en phase de ralentissement exigent à ce que l’État prenne une décision ferme en considérant souverainement les priorités et les urgences », selon Andrianavalomanana Razafiarison, président du Fivmpama.