Editorial

L’oignon fait la force

Le coronavirus fait tourner la tête à tous sans exception. La peur de ce virus redoutable provoque une ruée indescriptible vers les pharmacies de garde sitôt l’annonce des premiers cas faite par le président de la République. Le lendemain les vendeurs de tapa-kazo, d’huile essentielle ont été pris d’assaut de même que les marchands d’ail, de citron, d’oignon, de gingembre et de miel. Il va sans dire que les prix ont atteint des sommets astronomiques au grand bonheur des petits marchands. Faute d’un médicament indiqué pour guérir le coronavirus, chacun y va de sa tisane, de sa décoction pour se protéger, pour renforcer ses anticorps, pour pouvoir résister à l’attaque du coronavirus. On en trouve toutes les formules aussi fantaisistes que cocasses avec du ravintsara et du kininimpotsy. Qui sait ? On peut peut être trouver la panacée à cette pandémie là où Chinois, Italiens, Espagnols, Français et Allemands ont échoué. N’avait-on pas assisté il y a quelques années à une bataille juridique entre deux prétendus chercheurs se déclarant avoir trouvé le remède du sida grâce à un mélange de miel et de poudre de bois de rose. L’affaire n’a pas eu de suite mais l’histoire ne dit pas que cela a boosté le trafic de ce bois précieux.

Cette panique montre en tout cas combien la population est démunie face à un tel drame dont le traitement échappe encore complètement à l’homme et contre lequel ni la médecine ni les nouvelles technologies n’a aucun pouvoir.

Pour le moment on ignore si l’huile essentielle, les potions magiques à base de légumes et de tapa-kazo ont un quelconque effet sur le coronavirus, ce qui est certain c’est qu’elles ont un effet positif sur le mental de ceux qui les prennent. Des recherches plus approfondies permettront d’en savoir un peu plus. Mais quand on voit le niveau du budget consacré à la recherche médicale, il y a loin de la coupe aux lèvres. Madagascar regorge pourtant de plantes médicinales dont les vertus ont été médicalement prouvées par des laboratoires IMRA du regretté Professeur Ratsimamanga, un savant dont certains produits ont été rachetés par des laboratoires étrangers pour ne citer que le Madecassol.

C’est dire la compétence des chercheurs malgaches et la richesse de la pharmacopée locale. C’est le moment ou jamais de soutenir ces laboratoires et ces chercheurs qui se démènent tout seuls comme un beau diable. On mettra du temps pour que cela se réalise même si le budget du ministère de la Santé est un des plus importants du gouvernement. Le volet recherché y est inexistant. La conjoncture rappelle pourtant que rien n’est plus important que la santé. Tout le monde est prêt à consacrer une fortune pour un remède miracle mais personne ne veut injecter un centime pour les recherches. C’est la leçon laissée par coronavirus qui a secoué le pays avec la puissance d’un tremblement de terre .

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