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Editorial

Flagrant délice

Aucune félicitation, aucune réaction, aucun télégramme. La performance de l’équipe malgache à la finale de la Coupe du monde des traiteurs disputée à Lyon le 19 janvier a été accueillie dans l’indifférence totale des autorités. L’équipe formée par Chef Lalaina Ravelomanana, Cheffe Fenosoa Rahajamalala et Cheffe Bodosoa Rakotovao a pourtant terminé à la quatrième place juste au pied du podium. Devant il y avait les États-Unis, la France et la République tchèque, trois grands pays à tradition gastronomique. Les Malgaches ont terminé au nez et à la barbe des grands chefs étoilés américains, français et tchèques. Mais la performance est passée complètement inaperçue. Soit par indifférence soit par ignorance. Il faut dire qu’il faut une autre culture pour pouvoir apprécier les délices de la table, les subtilités des goûts, la finesse d’un plat. Quand on est réduit au steak Barea, il est plutôt difficile de s’ouvrir à d’autres préparations culinaires. Le ministre du Tourisme est resté sans voix alors que la performance des trois chefs vaut mille promotions de l’image de Madagascar. On était enclin à féliciter des équipes étrangères dans des compétitions sportives mais on a complètement zappé cet exploit .

Certes nos chefs n’ont pas ramené ni coupe ni médaille et l’art culinaire n’a pas la popularité du foot, mais un petit télégramme, une petite reconnaissance aurait fait l’affaire. Les concernés ne demanderaient certainement pas un accueil monstrueux d’Ivato au Marais restaurant, leur stade à eux, mais ils méritent un autre traitement que cette indifférence royale. Leur performance pourrait être capitalisée dans un secteur en plein développement que sont l’hôtellerie et la restauration. Pour une fois on a manqué de récupérer une sacrée performance. Cette gageure, c’en est une, si elle était mise en évidence pourrait avoir des répercussions au niveau des jeunes à un moment où l’administration et la bureaucratie affichent une saturation au niveau de l’offre d’emploi. Les centaines de milliers de bacheliers chaque année et autant d’universitaires diplômés finissent pour la plupart à exercer un métier sous payé par rapport à leur cursus. Il faut ainsi chercher d’autres créneaux qui ne passent pas forcément par le banc des universités mais qui nécessitent une compétence et des formations préalables. L’art culinaire est une issue très valorisante tant au niveau national qu’international. Dommage qu’on a été pris en flagrant délice dans ce hold-up lyonnais.

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