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ÉCONOMIE FLUVIALE – Le canal des Pangalanes priorisé

La réhabilitation du canal des Pangalanes se poursuit.

Madagascar ne dispose pas pour l’instant de voies de navigation intérieure aménagée pour permettre la navigation d’unités destinées au transport fluvial à grande échelle. La seule exception est le canal des Pangalanes.

Le canal des Pangalanes s’étend sur près de 650 km de longueur entre Mahavelona (Foulpointe) au Nord jusqu’à Farafangana au Sud. Les autorités, au premier rang desquelles l’Agence Portuaire, Maritime et Fluviale (APMF) en tant que premier responsable de la régulation du transport maritime et fluvial à Madagascar, accordent un intérêt prioritaire au développement de l’économie fluviale (transport, tourisme, commerce…) en investissant dans le développement de cette voie navigable.
« Les localités desservies par les Pangalanes présentent des atouts indéniables pour des secteurs comme la logistique, le tourisme et l’agro-industrie. En plus, le fluvial répond au besoin d’un transport plus vertueux », analyse un opérateur économique basé à Mahanoro qui utilise depuis des années le canal pour acheminer des produits agricoles de Mananjary jusqu’à Toamasina. Et il ne cache pas sa satisfaction suite à l’annonce faite par les responsables sur la poursuite des travaux de dragage du canal des Pangalanes.
En effet, selon l’APMF, les travaux de réhabilitation du canal vont reprendre vers la fin du mois de janvier. La reprise de ce vaste chantier va être actée au niveau d’Ankatafana au Sud de Mananjary. La durée des travaux ne devrait pas dépasser quatre mois et actuellement, la drague de l’APMF est à Masomeloka avant de mettre le cap sur Mananjary. Objectif annoncé : la circulation sur le canal des Pangalanes devrait être fluide durant près de la moitié de l’année. Et en cas de retour des sédiments, des travaux d’urgence seront effectués régulièrement.

Investissements conséquents

Pour rappel, le lancement du programme public de dragage du canal des Pangalanes a été effectué par le président de la République en 2019. Plusieurs travaux ont été déjà finalisés dans le cadre de cette initiative. Depuis sa construction en 1901, c’est la première fois que le canal des Pangalanes bénéficie d’une opération de cette envergure. « L’objectif est de favoriser surtout les secteurs du transport et du tourisme avec notamment la construction d’hôtels et infrastructures touristiques le long des Pangalanes. Ce projet aura des impacts directs sur la vie socioéconomique d’environ 3 millions de personnes de plusieurs districts et communes longeant le canal, entre autres, Toamasina, Ambila Lemaitso, Andevoranto, Vatomandry, Mahanoro, Nosy Varika, Mananjary, Manakara et Farafangana », a indiqué la Présidence de la République.
Pour rappel, lors de la descente à Toamasina du Président Andry Rajoelina pour donner le coup d’envoi des travaux de dragage du canal des Pangalanes, il a été indiqué que les travaux prévus pour la première phase prévoyaient le curage du fond peu profond à l’entrée Nord du lac Rasoamasay et Rasoabe, puis à Masomeloka et ses environs, l’élagage de l’emprise de gueule de canal et l’élargissement du tronçon à Andringitra. Il a aussi été souligné que le financement des travaux est assuré entièrement par l’État malgache.
Avant l’année 2002, presque tout le long du Canal des Pangalanes n’était pas navigable. Il existait des portions navigables pour certains villageois mais dans des conditions non sécurisées. En effet, pour permettre la navigation fluviale de manière permanente, des travaux avec l’aide d’engins spécialisés opérant en dessous de la surface de l’eau sont nécessaires. D’où l’acquisition d’une drague suceuse neuve d’une valeur de 3,12 milliards d’ariary auprès du Groupement Anton Berkenheger & Co et Senwatec GMBH & Co. D’après les techniciens, cette drague peut réaliser de multiples travaux : enlever l’ensablement et l’envasement, aspirer le mélange de sable et de terre sous l’eau, ramasser les sédiments de fond…
À savoir également que deux nouveaux embarcadères-débarcadères, chacun d’une longueur de 30 mètres, ont été construits pour faciliter les embarquements et les débarquements des bâtiments fluviaux. Le coût de l’ensemble des travaux de construction et d’aménagement effectués au Port fluvial de Manangareza à Toamasina (bâtiment pour la gendarmerie, embarcadères-débarcadères, garde-corps métallique, bâtiment pour magasin de transit, plateforme et rampe à passager …) s’élève à plus d’un milliard d’ariary.
Les travaux ont été assurés par la Société MA3 (Malagasy Manarina Mandroso) pendant 9 mois. On sait en outre que des projets d’aménagement similaires seront réalisés le long du canal. Notons, enfin, qu’en octobre dernier, la Banque Mondiale n’a pas exclu d’apporter son appui au développement de l’économie fluviale dans le cadre du Projet d’appui à la connectivité des transports.

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