La situation de la Grande ile a favorisé l’essor de différents réseaux de crime organisé qui s’adonnent à divers trafics. Dans la région Diana, le trafic d’espèces sauvages est très répandu pour certaines espèces, dont les tortues et les lémuriens qui sont acheminés clandestinement hors de la région par voies terrestre et maritime. La crise actuelle de la pandémie de Covid-19 ne fait qu’exacerber la criminalité environnementale.
Si des études approfondies ont été menées au sujet des trafics de bois de rose et de tortues, l’exploitation illégale de l’or reste mal connue. Les trafics d’espèces sauvages, de pierres précieuses ou de cannabis semblent emprunter les mêmes itinéraires, mais les recoupements au sein des réseaux criminels sont encore à établir.
Certaines explications données par des techniciens soutiennent que la corruption dans le domaine de l’environnement est un phénomène dont l’existence et l’impact négatif ne sont guère contestés. Or, les personnes qui osent s’opposer ouvertement à la corruption et à la criminalité environnementales, sont de plus en plus soumises à des pressions. C’est dans ce contexte que le ministère de l’Environnement et du développement durable envisage d’assainir la situation en son sein, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers afin d’élaborer la politique interne de lutte contre la corruption. Tout a débuté par la tenue de l’atelier national, suivi des ateliers régionaux qui ont pour objectif de collecter des données sur les risques de corruption, et d’analyser les spécificités de la corruption au niveau des régions.
Identifiés
Ainsi, dans la région Diana, lors de l’atelier de consultation régionale, qui a vu la participation des acteurs concernés, civils et militaires, les sous-secteurs touchés par la corruption ont été identifiés. Les participants sont convaincus que pour combattre cette forme de criminalité, il faut s’y attaquer en bloc, sur tous les fronts (communautés, entreprises et autorités publiques), et élaborer des politiques qui favorisent la transparence, la responsabilité et l’intégrité.
La consultation régionale a également fait émerger en détail la criminalité organisée qui alimente la corruption dans la région : recours à la fraude documentaire, déclaration d’un bois protégé comme étant d’une variété ordinaire, falsification des certificats d’origine, transport illicite de bois, complicité avec des fonctionnaires, des agents forestiers, des forces de l’ordre, des agents de la douane… Tout cela tout au long de la chaine d’approvisionnement, de la forêt jusqu’au port.
La corruption a lieu à tous les niveaux, pour ne parler que des détournements de fonds lors de l’exécution de programmes environnementaux, de la grande corruption dans l’octroi de permis et de licences pour l’exploitation des ressources naturelles, versement de pots-de-vin à des fonctionnaires. Elle permet également d’outrepasser ou de contourner les mesures de protection environnementale ou sociale.
« Il n’existe pas de bois de rose dans la région Diana, mais l’exploitation illégale de la forêt naturelle et la coupe illicite ainsi que la fabrication du charbon de bois sont les domaines où la corruption sévit. Il en est de même pour le secteur de l’eau, particulièrement vulnérable à la corruption pour plusieurs raisons. Citons entre autres le bassin versant de Besokatra où les contraventions sont nombreuses », résume Irina Manorotiana, chef du service régional de la forêt dans Diana.



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