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Editorial

Impair Noël

Dans l’année il y a deux jours bénis pour les pauvres, les orphelins, les nécessiteux… ceux qui sont dans le besoin en somme. Il s’agit de la fête nationale et de Noël. Ce sont également les deux jours choisis par les grandes sociétés, les organisations diverses, les faiseurs d’œuvres sociales pour penser à eux. Les actions seront ultra médiatisées au profit d’une communication d’entreprise ou d’une communication politique. Donner un peu aux pauvres reste un geste de générosité et d’humanisme énorme. Ceux qui n’ont rien n’ont pas le choix . Ils sont réduits à la mendicité et à l’assassinat. Ces deux jours, ils y pensent comme l’aveugle au jour. Et ils sont nombreux car selon la Banque mondiale, ils constituent presque 80% de la population dont le revenu est de moins de deux dollars par jour. Un panier garni vaut le paradis pour quelques jours avant de retrouver les dures réalités d’une existence qui ne les a pas du tout favorisés. Leur rêve est que Dieu fasse que 183 jours de l’année soient Noël et que le Président fasse que les 182 jours restants soient fête nationale. Pour le moment, la première moitié de l’année ils observent la carême et l’autre moitié le ramadan. La plupart des foyers n’achètent plus que la moitié du quart de kilo de viande pour donner goût au bouillon familial. Si on trouve de l’eau pour le faire.

C’est bien de penser à ces gens mais c’est mieux si on peut transformer leur existence. La situation illustre parfaitement l’inégalité de partage des richesses cause de cette extrême pauvreté de la population. Entre les sociétés de communication, les sociétés pétrolières, les sociétés immobilières, les banques… qui ramassent des milliards d’ariary au quotidien et ceux pour qui trouver de quoi mettre sous la dent tous les jours constitue un véritable parcours du combattant, le fossé ressemble à un cratère volcanique.

On ne doit pas être fier de cette situation ni de ces gestes ponctuels plus ou moins intéressés. On sait qu’il a beaucoup d’organismes qui prennent en charge ces pauvres gens de manière désintéressée et anonyme mais qui n’ont pas toujours les moyens nécessaires pour que leurs pensionnaires ne manquent pas de tout ce qui est vital. Il faut les soutenir dans leur noble action pour donner une dignité humaine à ceux qui ne sont pas nés sous la bonne étoile. Noël ne doit plus être une fête de la charité et de l’assistanat qu’on se plaît à entretenir.

1 commentaire

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  • La précarité du plus grand nombre assure la richesse extravagante de quelques uns, de moins en moins nombreux. Aussi longtemps que les dirigeants, dans quelque pays qu’ils se trouvent, feindront de l’ignorer en perpétuant cette situation, la pauvreté s’accentuera.
    Dans certains pays parmi les moins développés effectivement le fossé entre les privilégiés et le « bas » peuple est abyssal, écœurant, mais cela ne pourra durer éternellement, un peuple à l’agonie peut se soulever d’un instant à l’autre. Dans les autres, la fracture sociale est notoire aussi, le nombre de SDF ne cesse d’augmenter comme les queues devant les soupes populaires, ou la prostitution en dernier recours pour financer parfois les études ou simplement manger.
    Il ne peut exister une quelconque société, équilibrée et perenne, sans équité et sans justice sociale, ipso facto.
    Joyeux Noël pauvres riches !