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Kidnapping – Un informateur arrêté puis libéré

Tombé dans les filets de la police criminelle au bout de quelques semaines de surveillance, un prétendu caïd en matière de rapt a été relâché. Il a bénéficié d’un solide alibi.

Retour en zone des ravisseurs dans la capitale. Depuis le début du mois, des kidnappeurs, plus dangereux que jamais, reviennent à la charge, bien que leurs victimes ainsi que leurs familles se figent dans le silence, de peur des représailles. Après avoir été tenu à l’œil pendant des semaines par la police criminelle, un individu identifié par les limiers comme étant un grand manitou d’une série de rapts, s’est fait arrêter. Au terme d’une courte garde à vue, il a été, néanmoins, relâché. Indiqué comme étant un informateur des communautés
victimes, vivant dans une situation de crainte ambiante  face aux rapts répétés contre les leurs, l’individu avait bénéficié d’un solide alibi.
Mais la situation qui prévaut demeure, néanmoins, préoccupante. En l’espace de deux semaines, trois rapts contre rançon ont été perpétrés, et à chaque fois, des opérateurs économiques d’origine indienne, ayant pignon sur rue à Tana, en font les frais. Dans tous les cas, les forces de l’ordre, en l’occurrence la brigade criminelle au sein de la police nationale, n’ont reçu aucune plainte.

Crainte ambiante
Pas plus tard qu’avant-hier, à peine quelques heures après une rencontre entre des membres des communautés victimes d’enlèvement d’une part, et des hauts responsables auprès de la police criminelle d’autres part, le patron du comptoir Fidahousen à Tsaralalàna, un Français
d’origine indienne, âgé d’une cinquantaine d’années, a été la proie des bandits. Vers 19 heures, il quitté son lieu de travail pour regagner son foyer à Ankorondrano, lorsqu’il est tombé dans le guet-apens des ravisseurs. Le quinquagénaire est encore entre les mains des bandits.
Le directeur général de la société Interpharma, spécialisée dans la distribution de produits pharmaceutiques, était, le premier à figurer sur cette nouvelle série. Quelques jours plus tard, un responsable auprès de la société Spider, connu dans la vente de matériels électriques et électroniques, mais également représentant de la marque Legrand, est à son tour tombé dans les griffes d’une escouade de kidnappeurs. Des informations
filtrées au compte-gouttes révèlent que le rapt a été commis aux abords d’Ankorondrano.
Au bout de quelques jours de captivité et de marchandage ardu sur le montant de la rançon, ces deux opérateurs économiques, ont été relâchés tour à tour après que les malfaiteurs ont empoché des sommes faramineuses, prix de leur liberté.
Les kidnappeurs adoptent un même mode opératoire. Les victimes sont enlevées au moment où ils s’attendent le moins par des bandits véhiculés, brandissant des armes de guerre. Séquestrées dans des villas, elles sont ensuite libérées dès que la rançon tombe dans l’escarcelle de la bande. La livraison de l’argent est surveillée et les kidnappeurs le récupèrent avec une moto grosse cylindrée.

Andry Manase