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LUTTE CONTRE L’INSÉCURITÉ – Le SEG dénonce un réseau de trafic d’armes

De lui-même, le général Serge Gellé (a.c), a insisté pour aborder avec la presse de la problématique de la prolifération des armes importées illégalement, hier.

Le général Serge Gellé fait des révélations fracassantes au sujet de la prolifération d’armes à feu dans le pays. Le membre du gouvernement dénonce l’existence d’un réseau qui introduit au pays des types d’armes que l’armée malgache n’utilise pas.

Un constat. Selon ses dires, c’est ce que le général Serge Gellé, secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, a affirmé, hier, au Carlton Anosy. “Un constat”, concernant une des raisons de la prolifération d’armes à feu dans le pays. Affirmant qu’il table son “constat”, sur des éléments d’enquêtes et des données en sa possession, il demande à ceux qui contesteraient ses propos de le rencontrer pour les vérifier, “et nous cueillir un par un les personnes concernées”.

En résumé, “le constat”, affirmé par le membre du gouvernement, hier, porte sur deux révélations. La prolifération d’armes introduites illégalement à Madagascar et l’existence de réseau de blanchiment de ces armes illégales. “Je n’accuse personne, mais je fais un constat”, martèle le général Gellé, en ajoutant cependant, “est-ce qu’on peut régulariser une infraction? Non, on verbalise une infraction, ce qui implique des sanctions”.

Par armes illégales, il entend, des armes dont les origines sont non traçables. Pour bétonner ses propos, le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale fait référence à la loi sur le régime de l’armement datant de 1969 qui dispose que “les armes illégalement détenues sont confisquées et deviennent propriétés de l’État”. Il ajoute, “donc ceux qui ont des armes illégales ne doivent pas pouvoir obtenir les autorisations d’en détenir. Au contraire, ces armes doivent être saisies et les personnes en leur possession doivent faire l’objet d’une enquête”. À entendre l’officier général, cependant, dans les faits, cette disposition légale n’est pas toujours respectée.

“Tous les responsables, y compris nous [la gendarmerie nationale, entre autres], doivent appliquer la règle selon laquelle, c’est un délit de régulariser des armes illégales”, affirme-t-il, en effet. Il explique que le processus d’obtention “des autorisations d’achat et de détention d’armes à feu”, démarre au niveau du district, jusqu’au niveau des autorités provinciales déconcentrées qui attribuent l’autorisation. Deux entités sont concernées par l’attribution des autorisations nécessaires pour “l’achat et la détention d’armes à feu”, le ministère de la Défense nationale, dont des éléments qui peuvent être de l’armée ou de la gendarmerie nationale sont postées auprès des districts, et le ministère de l’Intérieur. Le général Gellé précise que c’est le ministère de l’Intérieur, par ses démembrements au niveau des provinces de résidence du demandeur, qui délivrent “les autorisations d’achat et de détention d’armes à feu”.

Hécatombe

Cette précision est pour dire qu’en principe, sans présentation préalable d’une autorisation d’achat d’arme, le demandeur ne devrait pas pouvoir obtenir un permis de détention. Après avoir lancé un scud contre les présumés réseaux au niveau des entités déconcentrées, le général Gellé décoche aussi une rocket contre “des magistrats”. L’officier général déplore, en effet, “qu’il y ait des magistrats qui décident de rendre ces armes illégales saisies, aux personnes qui les ont détenues”, en rappelant la disposition de la loi sur le régime de l’armement. Comme indiqué précédemment, le général Gellé affirme avoir des éléments de preuves pour étayer ses propos.

Il donne même les noms de ces fusils qu’il affirme avoir été introduits illégalement dans la Grande île, à savoir des “dominion arms grizzly mag et dominion arms cougar”, qui sont des fusils à pompe. Le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale affirme que Neron sport, le seul marchand d’armes à feu autorisé à Madagascar, ne vend pas ces marques de fusil. “La gendarmerie nationale a saisi plusieurs armes de ce genre pourtant”, ajoute-t-il. Les éléments d’enquêtes sur lesquels il table ses propos découlent de saisis faits à Toamasina et à Fianarantsoa, deux circonscriptions interrégionales de la gendarmerie nationale (CIRGN), dont il a déjà été le commandant.

En 2014, plus de trois cents fusils à pompe ont été saisis au port de Toamasina. Ils ont été découverts à bord d’une voiture importée d’Europe. En mars 2015, une cinquantaine d’armes à feu, dont des fusils à pompe illégalement importés, ont été saisies à Fianarantsoa. A l’époque, alors qu’il était encore colonel, le général Gellé avait déjà interpellé les tenants du pouvoir sur ces cas d’importations illicites d’armes à feu. Il remet le sujet sur le tapis donc.

“Il faut en parler ouvertement”, soutient-il. Ces fusils causent des hécatombes, à entendre l’officier général. Sur une période de trois ans, depuis 2016, les vols de bovidés ont causé plus de mille huit cents morts, a-t-il affirmé. Le principal arsenal des dahalo seraient pourtant ces armes importées illégalement. Ce qui explique pourquoi il a pris l’initiative de soulever le sujet devant la presse et de l’inscrire aux débats de l’atelier sur la lutte contre la prolifération des armes nucléaires et chimiques au Carlton.

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