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Editorial

Désserrer le taux

Un essai à transformer. D’un commun accord, le Comité de butane de Madagascar, CEB, avec le ministère de l’Économie et des finances, MEF, ont convenu de réduire de façon conséquente la TVA sur le gaz domestique de 20 à 5%. Une initiative parrainée par le ministère de l’Environnement et du développement durable, MEDD, qui s’attend à une baisse des prix du gaz aux consommateurs. De l’ordre de 9% selon les premières estimations. Et devant être à 12% prévoient des spécialistes en la matière. Une « détente » qui devrait inciter de nombreux foyers urbains à abandonner le recours au charbon de bois. Avec les prix actuels en vigueur, le gaz butane reste un luxe inaccessible pour les ménages à faibles revenus.

Cette réduction de la TVA va dans le sens voulu par des opérateurs économiques qui ont même demandé la suppression pure et simple de cette imposition pesant de tout son poids sur la balance du différentiel des coûts. Le projet de loi de finances 2020 a enlevé cette grosse épine dans sa version initiale, mais un véto tombé de nulle part a aussitôt remis la TVA de 20% à sa place. Le leader sur le marché, pour manifester sa désapprobation de cette taxation qu’il juge contre productive, a affiché sur les prix au détail la grosse part de la TVA à supporter par les consommateurs finaux.

Il reste à espérer que cette diminution de la TVA va se répercuter sur le montant des recharges des bouteilles à gaz. Et avoir de conséquences sur le volume de la vente. L’idée serait d’inculquer dans les habitudes de la majorité des citadins à l’adopter. Par voie de conséquence, cette entente entre le CMB et le MEF, sous le parrainage du MEDD, devrait diminuer, un tant soit peu la demande toujours sur une courge ascendante, en charbon de bois.

D’après les statistiques disponibles, la consommation par habitant, en moyenne, équivaut à 60 kilos par an. Madagascar occupe la troisième place du podium africain dans cette sinistre performance derrière la Zambie, 74 kilos, et le Ghana, 68. Tout cela représente, avec le bois de chauffe, 18 millions de mètre cube d’énergie partie en fumée. Constituant une pression permanente et inquiétante sur ce qui reste de réserves forestières de la Grande île.

Avec un essor démographique galopant, accompagné par une paupérisation généralisée de la population, même les parcs nationaux et aires protégées sont aujourd’hui convoités par des peuples nomades sédentarisés pour être un terreau de la production du charbon de bois. Aussi, il est difficile de croire que cette « minoration » de prix de l’énergie propres aille mettre un terme au business des « gueules noires ». Loin s’en faut. Quoique l’initiative mérite d’être saluée à sa juste valeur. Car derrière, l’État laisse tarir une ressource financière interne facile à encaisser.

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