Chronique

Faune : Des animaux… voyageurs

Parler de la faune en commençant par une digression sur Jean Laborde, n’est-ce pas là une idée plutôt… bête ? Le général Gascon né à Auch, le 24 vendémiaire de l’An 14 de la République, mort le 27 décembre 1878 à Antananarivo, avait été attiré par le démon de l’aventure dans les eaux de Madagascar, à la recherche de trésors engloutis. Il y fit lui-même naufrage, et fut recueilli par un colon du nom de Napoléon Delastelle qui le recommanda à la reine Ranavalona Ire. Cette dernière vit en lui un homme providentiel dont elle fit son ingénieur à tout faire.

L’Histoire a retenu que Jean Laborde implanta à Mantasoa un complexe usinier impressionnant pour l’époque. On sait moins qu’il y aménagea sur plus de huit hectares un zoo hébergeant poissons rouges, singes, antilopes, chameaux, et même un hippopotame. Pas de traces de lémuriens, par contre. peut-être ignorait-il jusqu’à leur existence. Après son départ pour un exil temporaire, ses ouvriers saccagèrent toute son œuvre pour se venger de ses méthodes de travail qualifiées d’esclavagiste. «À Mantasoa, on n’a pas le temps de manger ce qui est cuit, ni de faire cuire ce qui est cru. On n’y parle jamais du travail fini, mais toujours de celui à faire. »

Un coup d’aile à travers l’espace et le temps, et nous voilà au Biodôme de Montréal qui présente, chaque année l’écosystème d’une région du monde. Madagascar y a déjà été programmé. Une occasion pour présenter six espèces de poissons endémiques, quatre d’amphibiens dont la spectaculaire grenouille tomate, et cinq de reptiles dont le Gecko à queue plate de Henkel, ou le caméléon-panthère de son nom scientifique Furcifer Pardalis. Quant aux incontournables lémuriens, trois femelles et trois mâles de Lemur Catta ont été prêtés au zoo de Granby et au Mountain View Conservation and Breeding Center de Colombie britannique.

Contrairement aux œuvres culturelles dont le rapatriement est un combat sans grand espoir pour les pays du Sud, une Convention internationale prévoit dans ses clauses la possibilité de retour des animaux ayant déjà donné naissance à des petits dans leur pays d’adoption. Cela a été le cas, en 2003, d’un lémurien femelle du nom de Masoala, dont la descendance était déjà forte de quatorze beaux spécimens à la longue queue annelée. Pensionnaire du Jardin zoologique de Besançon, elle a embarqué à Roissy à destination du Parc de Tsimbazaza et du Lemurs Park en compagnie de ses deux filles répondant aux doux noms de Zety et Manja…

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