FINANCES - Des dettes bien senties


Règles prudentielles. Madagascar entend maintenir son niveau d’endettement dans une fourchette modérée. C’était la réponse donnée par Rindra Hasimbelo Rabari­nirinarison, ministre de l’Économie et des finances, à Sidi Ould Tah, président de la Banque arabe pour le développement, Badea, lors de la signature du financement de la construction du Fly Over d’Anosizato, à Marrakech pour un montant de 31 millions de dollars. Quand Sidi Ould Tah a présenté toute une panoplie de lignes de crédit pouvant intéresser Madagascar. En fait, cette marche à pas comptés, fait suite aux termes du programme Facilité élargie de crédit, FEC, sous l’égide du Fonds monétaire international, FMI. Selon les explications fournies par Rindra Hasimbelo Rabari­nirinarison, le plafond de la dette contractée ne peut dépasser les 800 millions de dollars. Mais Madagascar « souhaite avoir de bonnes relations avec la Badea », a-t-elle rassuré son interlocuteur. Au mois de mars, à l’immeuble Cador d’Ambatonakanga, à la cérémonie d’annonce de l’octroi d’une tranche de la FEC, Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison a révélé à la presse que « Madagascar a obtenu une offre de financement de l’ordre de 4,168 milliards de dollars, mais respecte ce seuil convenu avec le FMI ». Et même pour contenir les vagues inflationnistes, le FMI a recommandé à la Banque centrale de faire le nécessaire. Le 8 août, l’autorité monétaire a encore majoré de quelques points ses principaux taux. Il est attendu que le taux d’inflation se glisse en dessous des 10% à la fin de l’année. À moins que la braise politique du moment ne souffle sur cette fournaise latente. Dans tous les cas, le Projet de loi de finances initiale pour 2024 donnera de plus amples précisions sur la gestion des dettes. En attendant d’éventuelles réunions des Clubs de Paris et de Londres qui veillent sur ces portefeuilles malgaches. Comme les appels pour effacer ces fardeaux financiers après la crise sanitaire n’ont eu aucune suite de la part des créanciers, le salut de l’économie nationale ne peut venir que de cette attitude prudente.
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