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Chronique

Usines et manufactures versus importations

Valiton, c’était le cinéma, mais aussi le garage Peugeot, «rue Général Roques», à Ambatomena. Et quel «garage», puisqu’on y assemblait les Peugeot 204, 404, 304 et surtout l’emblématique 504.

ECAM sortait de ses «chaînes» de montage les Berliet et des Citroën: Diane 6, Ami 8, 3 CV AK, Méhari. Inaugurée le 8 novembre 1962, l’usine SOMACOA (Société Malgache de Construction Automobile), à Andraharo, route de Majunga, produisait les Saviem et la Renault 4.

Représentant des automobiles Opel, Maxime Darrieux, créée en 1931 après dissolution de la Sté Ulysse Gros & Darrieux, assurait la fabrication de meubles métalliques en ses ateliers Daubercies. Toujours à Antananarivo, CIMELTA (Constructions métalliques et électroniques de Tananarive) avait ses ateliers à Ambohijanahary.

En 1966, MACOMA (Matériaux de Construction de Madagascar) revendiquait légitimement la fabrication locale des «galvabacs», «tôles» et «pointes». Le chemin de fer permettait alors d’acheminer «tous produits sidérurgiques» et «tous matériaux de construction» directement depuis l’usine de Tamatave jusqu’à l’agence d’Alarobia.

Sa concurrente COMAG (Société Malgache des Constructions Métalliques et du Matériel Agricole), basée à Tuléar, se spécialisait dans le «polyculteur», petit matériel à traction animale (que distribuait la SOCIMEX), et annonçait détenir des brevets exclusifs. Une troisième société de construction métallique, la SCAB (Société des Chantiers et Ateliers du Bassin de Diégo-Suarez), complétait la décentralisation industrielle.

VIRIO, sise à Ambohidratrimo, vantait fièrement ses «accumulateurs de fabrication malgache, 32 types». La SACIMEM (Société des Cigarettes Mélia de Madagascar) avait sa «manufacture» à Antsirabe. La SEVIMA (Société d’exploitation de la viande à Madagascar) et sa haute cheminée qui avait deux autres jumelles à Soarano et Mahamasina, confectionnait dans son usine de Soanierana, des conserves de viandes, de fruits et légumes, ainsi que de la charcuterie et salaisons, ou des plats cuisinés.

La Rochefortaise de Produits Alimentaires faisait tourner des usines à Tuléar, Fianarantsoa et DiégoSuarez. La STAR (Société Tananarivienne de Réfrigé­ration et de Boissons Gazeuses), dont le siège se trouvait alors à Soanierana, avait des usines d’embou­teillage à Tananarive, Diégo-Suarez et Tuléar. À cette époque, elle produisait deux bières distinctes: «Three Horses» et «Horse Beer».

Un Maître tailleur de pierres s’inquiétait de ne pas trouver de la chaux, mais dans les années 1960, la MACIMO (société Malgache des ciments de Moramanga) avait pour objet la «fabrication, traitement et vente de chaux, ciments, fibro-ciments et tous produits dérivés».

«Usines», «manufactures»: avant que que «l’indus­trie comme moteur» ne devienne un simple slogan, l’industrialisation était réelle. La SME (Société Malgache Électronique), fondée en novembre 1960, fabriquait des récepteurs à transistors et devait produire des récepteurs de télévision, «adaptés au standard 625 lignes», avant la conception de tourne-disques.

Aujourd’hui, Madagascar produit-il seulement des «punaises, trombone, attache parisienne, attache à relier, épingles, coins»? L’autre jour, chez Score, j’avais acheté de la salade de charcuterie mais la barquette était fabriquée aux Émirats arabes unis.

Produire du fer-blanc, de l’alu ou du laiton, en manufacturer des produits, et les exporter avec valeur ajoutée. De la science fiction. Il sera presque sympto­matique que les noms restés dans la mémoire collective, COROI (Comptoir de Commerce et de Représentation de l’Océan Indien) ou SICE (Société Industrielle et Commerciale de l’Emyrne), fassent moins d’industrie mais surtout de l’Import-Export, en se revendiquant «agents exclusifs» de marques étrangères.

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