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Editorial

Self service

Où les députés veulent-ils en venir? Ont-ils le droit d’exiger quoi que ce soit pour une fonction qu’ils ont choisi volontairement et qui est déjà grassement indemnisée?

Les députés ont certainement dépassé les bornes hier en adoptant à l’unanimité des rares élus présents la confection d’une proposition de loi instituant l’octroi d’un 4×4 et surtout d’une pension de retraite aux parlementaires après leur mandat. On marche sur la tête en réalité. Les propositions de loi sont faites pour des sujets d’intérêt général, chose que les députés ont rarement fait, et non pas pour les intérêts propres des députés. La loi ainsi votée devrait être déclarée logiquement anticonstitutionnelle. Si on la laisse passer, on ouvre une voie béante à l’anarchie. Le pouvoir législatif supplanterait l’Exécutif. La démocratie n’aura plus aucun sens. L’Assemblée nationale n’est pas, du moins jusqu’à preuve du contraire, un restaurant self service où tout le monde se sert dans un buffet à volonté.

Il devrait appartenir à l’Exécutif de fixer noir sur blanc les droits et devoirs des institutions de la République. On se demande pourquoi cela n’a pas été fait depuis quatre républiques. Ainsi un député sera en connaissance de cause avant de poser sa candidature aux législatives. En tout cas personne ne l’a obligé à briguer un mandat pour qu’il ait le droit de revendiquer quoi que ce soit. Mais on sait justement que depuis la troisième République, la fonction de député est devenue la monnaie d’échange pour l’adoption des projets de loi de l’Exécutif ou pour faire échouer une motion de censure ou d’empêchement. L’Exécutif est devenu l’otage des parlementaires à chaque session. Qui peut dire que cette proposition de loi sur une pension de retraite sera la dernière que les députés vont faire en leur faveur? Tant qu’à faire ils ne resteront pas en si bon chemin.

Alors que l’État vient d’imposer une diète au Sénat dont le budget a été réduit au strict minimum, voilà l’Assemblée nationale qui fait des siennes à un moment inopportun. Si on peut accorder aux députés ce qu’on a enlevé aux sénateurs, l’austérité n’a qu’une visée politique. C’est d’autant plus inopportun que si l’État a les moyens d’assurer une retraite aux députés, il ferait mieux d’affecter le budget pour sauver la population du Sud de l’inanition comme il l’a fait pour le Sénat.

Les députés sont censés être des porte-paroles de leurs électeurs et non pas un fardeau que les contribuables doivent supporter davantage à travers des avantages particuliers que leur fonction sont loin de justifier.

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