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Criminalité maritime – La marine se remet à flot

Des  marins  de  la  base  navale  d’Antsiranana  lors  de  la  remise de  «  l’insigne  de  surfacier  »,  la  semaine  dernière.

Dans le cadre de la restructuration de l’armée, l’effectif des forces navales sera étoffé. Cela s’accompagne d’un redéploiement déjà en cours d’engagement.

RENFLOUAGE. Après avoir redonné des ailes à l’armée de l’air, c’est au tour des forces navales d’être remise à flot. Cela commence par un renforcement de l’effectif des marins.

Redonner ses lettres de noblesse à l’armée est un des challenges fixés d’entrée par l’administration Rajoelina. Cela a, notamment, été marqué par le renforcement du matériel de l’armée de terre et aussi, le fait de remettre d’aplomb les forces aériennes. Ceci en leur dotant de nouveaux aéronefs et la formation de nouveaux officiers pilotes, fraîchement sortis de l’académie militaire d’Antsi­rabe, le 28 août.

Renforcer l’armée revêt surtout, un enjeu sécuritaire. Le but étant de rétablir l’autorité et l’efficience de l’Etat sur l’ensemble de son territoire, à la fois terrestre, aérien et maritime. Au-delà de sa vocation de défense, la mission de la grande muette est aussi, réorientée sur la sécurisation du territoire. Sur les trois forces qui composent l’armée, requinquer la marine nationale est plus complexe et plus coûteux. Cela prend ainsi un peu plus de temps.

Selon les informations, dans le cadre de la restructuration de l’armée, le renflouage des forces navales démarre par l’augmentation de son effectif. Les recrutements, à partir de cette année, « accorderont une bonne part aux formations de matelots et de sous-officiers mariniers », explique le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale.

Enjeux économiques

Avec seulement quelques centaines d’éléments, l’effectif actuel de la marine nationale est loin de suffire pour une sécurisation efficiente des 5 000 kilomètres de côte du pays, ainsi que sa mer territoriale et son immense zone économique exclusive. « Etant une île, Madagascar se doit d’avoir une marine digne de ce nom », souligne le ministre de la Défense nationale.

Outre la densification de ses rangs, un redéploiement des forces navales est, également, en marche. Sécuriser les côtes et le territoire maritime revêt, également, d’importants enjeux économiques. Il y a d’abord le fait que la plupart des trafics des ressources naturelles du pays se font par la mer. Ensuite, il y a les retombées financières colossales que constitue l’économie bleue. Faute d’efficience de la marine, les ressources sous-marines malga­ches sont les proies d’exploitation illicite et abusive.

Madagascar, par ailleurs, est proche d’une autoroute maritime. Rien que la sécurisation des centaines de navires commerciaux qui y circulent quotidiennement peut rapporter gros à la trésorerie étatique. Afin d’assurer, dans un premier temps, la protection des intérêts nationaux dans ses eaux, des Zones maritimes d’intervention prioritaire (ZMPI), sont définies. Outre les bases navales d’Antsiranana et Mahajanga, des troupes et du matériel seront redéployés à Toliara et Tolagnaro.

S’agissant de la sécurité maritime, Madagascar bénéficie d’un atout qu’est le Centre de fusion d’information maritime (CFIM). Cette entité collecte, analyse et partage, notamment, aux autorités étatiques et militaires toutes les informations relatives à la circulation et activités maritimes dans une bonne partie de l’océan Indien. Ces informations, en principe, doivent aider l’Etat dans sa projection et l’édification d’une stratégie opérationnelle en mer.

Mis à part le manque d’effectif, le volet opérationnel fait, cependant, grandement défaut à la marine et nuit à son efficience. « Sans l’épée, le droit n’est rien ». Remettre à flot les forces navales implique donc, un rééquipement, aux normes. Certes, cela représente un investissement important. Seulement, « cela n’est rien par rapport aux manques à gagner quotidien, à cause de l’exploitation illicite de nos ressources maritimes », confie une source militaire.

Convention de partage d’informations

Un protocole d’accord de partage d’informations a été signé entre le CRFIM et le secrétariat d’Etat à la gendarmerie nationale, hier, à Ankadivato. Cet acte entre dans le cadre de la mission du CRFIM qui est de créer, renforcer et coordonner un réseau, notamment interministériel, d’échange et de partage des données, informations et renseignements maritimes.

L’accord signé, hier, devrait en appeler d’autres. Le but est, en effet, de permettre au CFIM d’avoir les informations suffisantes pour établir une alerte avancée en cas d’existence ou de détection d’un risque maritime potentiel ou avéré dans l’espace maritime malgache. Il s’agit également d’améliorer les conditions d’anticipation des risques et menaces maritimes dans la zone sous juridiction de Madagascar. Ceci afin que les autorités étatiques puissent répondre à temps et comme il se doit aux menaces et risques qui se présentent.

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