Editorial

Beauté plastique

Il a suffi d’une journée mondiale de la propreté pour constater en profondeur la saleté de la capitale, le manque de discipline de sa population et l’inefficacité des mesures annoncées. Rien qu’aux abords du marais Masay, on a collecté une centaine de kilos de détritus. Et dire que ce n’est pas l’endroit le plus immonde de la capitale.

C’est bien d’avoir organisé une journée de mobilisation pour nettoyer un peu la ville et pallier à la défaillance de services de la voirie qui ont toutes les peines du monde à assumer leur tâche. Le problème est que ceux qui ont daigné consacrer une journée sont ceux qui savent ce que propreté signifie et implique. Ceux qui n’ont aucune notion de la propreté et de l’environnement ont été étonnés de les voir se donner de la peine pour ramasser leurs salissures. La sensibilisation risque ainsi de ne pas atteindre sa cible. Et c’est le drame étant donné qu’à en juger, les taux de réussite aux examens qui tendent vers zéro, on aura une population de plus en plus incivique et mal éduquée. La situation ira ainsi en empirant. C’est d’autant plus inquiétant que les autorités ne semblent pas pressées de mettre fin à l’hémorragie.

Parmi les détritus collectés un peu partout hier, les sachets en plastique et les bouteilles en plastique occupent la tête du hit-parade. Des envahisseurs impitoyables qui squattent aussi bien les espaces terrestres que la profondeur des océans. Il y a trois ans, le gouvernement avait sorti un décret interdisant l’utilisation des sachets en plastique. Une mesure allégée par la suite par une catégorisation des sachets avant de disparaître purement et simplement. Il faut dire que l’énorme enjeu financier autour des sachets et bouteilles en plastique a contraint l’État à abandonner la partie préférant faire la part des choses. On reste donc là où on était il y a trente ans. À ce propos, on n’a pas su profiter du passage de Paul Kagame dont le pays a interdit dans l’absolu l’utilisation des sachets et bouteilles en plastique. Une mesure volontariste illustrant le souci pour la sauvegarde de l’environnement.

On se demande combien de temps mettrons-nous pour arriver à cette résolution sans appel. C’est la seule solution mais ce n’est pas demain la veille. À preuve, cela fait plus d’un demi-siècle qu’on lutte contre la déforestation et les feux de brousse mais les étendues détruites ne cessent d’augmenter alors que les reboisements entrepris dans le même temps n’ont servi qu’à épater la galerie et étoffer les communications d’entreprise. Au Rwanda, on a planté trois millions d’arbres en une journée. C’est dire mais la survie de l’espèce humaine est à ce prix. La beauté plastique n’est d’aucun recours dans ce domaine.

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