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Appel aux partenaires – Y-a-t-il eu provocation d’Ahmad Ahmad ?

La  requête  urgente  du  ministre  de  la  Santé  Ahmad  Ahmad est  qualifiée d’initiative  personnelle.

L’Exécutif fait face à un nouveau sujet polémique. Suite à une initiative qualifiée de « personnelle », le ministre de la Santé publique fait l’objet d’un désaveu public.

CONSTERNATION. Ce mot don­ne le ton de la réaction du gouvernement, en réponse à une « requête urgente », faite aux « agences et institutions partenaires du développement sanitaire », par le professeur Ahmad Ahmad, ministre de la Santé publique.

Cet appel « urgent », aux partenaires pour appuyer la lutte contre la Covid-19, est qualifiée « d’initiative personnelle », par le communiqué du gouvernement. Une démarche qui n’aurait pas respecté les procédures et la hiérarchie au sein de l’Exécutif. Un texte publié à 1 heure, hier. « Le contenu de la lettre reflète l’état de débordement dans lequel se trouvent le ministre et son entourage », affirme la missive gouvernementale.

Le communiqué du gouvernement sonne comme un désaveu du ministre Ahmad. Il y est indiqué, en effet, que « (…) force est de constater que de nombreux points cruciaux de cette crise sanitaire ont échappé à la vigilance du ministre de la Santé publique ». La version malga­che du texte est plus cash et soutient que le ministre ne maîtrise plus la situation.

La « requête d’urgence », signée par le ministre de la Santé publique, porte sur un renfort de matériel sanitaire et même de prime et indemnité pour le personnel de santé. Un appel de détresse, pour soutenir « la réorientation stratégique en renforçant la lutte sur la base des données épidémiologique des différentes régions ».

Epilogue ?

Le professeur Gaëtan Duval Solofomalala, secrétaire général du ministère de la Santé publique, lui, parle d’« anticipation ». Une initiative pour parer au pic de l’épidémie, à venir, vraisemblablement. Au regard de la réaction du gouvernement, cependant, là où le bât blesse, est que la missive ministérielle affirme que l’évo­lution de la situation sanitaire « est préoccupante ».

Le discours étatique, pourtant, veut systématiquement être rassurant et table sur le fait que les autorités prennent toutes les dispositions nécessaires pour une riposte efficace face à la propagation de la Covid-19. Cela a encore été le cas dans le communiqué du gouvernement. La lettre, par ailleurs, a été rendue publique avec de multiples partages sur les réseaux sociaux. Indiquant qu’elle a été envoyée par mail, le professeur Solofo­malala, affirme ne pas connaître la source de la fuite.

La réaction du gouvernement se heurte à une partie des internautes qui érigent le professeur Ahmad en héro, « pour son audace et sa franchise ». Les points de vue des observateurs divergent sur le sujet. Certains pensent que la lettre ministérielle serait une manière de donner un coup de pied dans la fourmilière pour provoquer un déclic en haut lieu, et combler les failles dans la réponse à la pandémie.

Un temps, il se chuchotait qu’à l’instar d’une partie de ses éminents confrères, le ministre de la Santé ne serait pas toujours d’accord avec la gestion politique de la crise sanitaire. Dans les actes, pourtant, le ministre Ahmad a joué sa partition sans broncher dans cette guerre contre la Covid-19. Le ministre de la Santé publique soutient, cependant, que le département ne déroge pas à la ligne étatique. Il ajoute, du reste, que la lettre cadre avec les usages.

Il s’agirait donc, d’« un acte matérialisant des échanges préliminaires pour sonder les partenaires », à entendre le professeur Solofomalala. Une explication confortée par Rinah Rakotomanga, directrice de la communication à la présidence de la République, sur une station privée de la capitale, hier. Bien qu’elle affirme qu’il n’y a pas de dissension au sein de l’équipe gouvernementale, aux yeux du public, c’est tout le contraire. Une fois de plus, la solidarité gouvernementale est mise à l’épreuve par la crise sanitaire.

Après l’ancienne ministre de l’Education nationale, c’est au tour du ministre Ahmad de se retrouver dans l’œil du cyclone. Pour certains, le gouvernement aurait pu se garder d’une réaction publique aussi cinglante. Un communiqué qui trahit d’un probable manque de synergie dans cette crise éprouvante et qui pourrait encore perdurer. Quoi qu’il en soit, tous s’attendent à la saga. Après ce désaveu, y-aurait-il démission ou limogeage du ministre de la Santé publique ?

2 commentaires

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  • Surement bridé voir ignoré dans les comunications depuis le début sur la crise sanitaire, ce ministre a le courage de mettre au devant de la scène, LA DEFAILLANCE de l’Etat (par incompétence,par manque de moyens et corruption) sur la gestion de la crise liée au covid-19.
    Les fait sont là et les bilans quotidiens le prouve et contredisent tous les effets d’annonces présidentiels.
    Et ce n’est pas la pseudo ministre de la communication qui « caquette » comme une poule qui changera la donne.
    Il n’y a aucune honte de demander de l’aide internationale ( ce qui fait le pays depuis 60 ans) même les pays développés
    l’ont fait au plus de leur crise…..

    •  » Apprentissage administratif  » Votre Faniry Ernaivo qu’on se le dise Monsieur ressemble en tout point dans leurs agissements exécrables avec cette hystérique ministre de la communication . Cette porte parole du gouvernement est dangereuse et nuit gravement à l’image du gouvernement . Les mises au point de la directrice de la communication à la présidence certainement à son encontre ont permis de rehausser la conception de l’état de droit et les arcanes des procédures administratives ministérielles . L’intervention télévisée du secrétaire général du ministère de la santé ne souffre d’aucune ambiguïté avec des explications claires et nettes . La bonne gouvernance veut comme dans toute démocratie qui fonctionne c’est le ministère de tutelle de la santé publique qui gère , coordonne et supervise la gestion de la crise sanitaire sur tous les plans . Autrement ce CCO n’a pas lieu d’être sinon on peut calquer son existence comme une pratique bananière . La présidence n’a pas à s’immiscer dans toute prise de décision logistique et sanitaire . Le conseil des ministres est l’occasion de tous les débats y afférents . On ne voit pas le problème de la commande de 337 respirateurs , de 2,4 millions de masques et surtout de 32000 ampoules de dexamethasone pour les formes pulmonaires graves du covid 19 qui sonne comme un désaveu pour le CVO curatif dans la prise en charge hospitalière . Le ministre de la santé est de surcroît un épidémiologiste . On l’encourage à rester dans l’éthique et la conscience professionnelle , de ne pas céder à toute forme de pression . Il ne reste plus que quelques mois de toute façon avec l’arrivée des vaccins de Moderna ou du laboratoire Astrazeneca qui seront des biens publics mondiaux .

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