Editorial

Paulution scolaire

Onze mois. C’est tout simplement démentiel pour les potaches et les portefeuilles. Il faut être foncièrement cynique pour ne pas le reconnaître. C’est carrément anti-pedagogique. Autant les enfants et les élèves perdent leur concentration au-delà de deux heures de cours, autant ils finissent l’année sur les genoux après onze longs mois de scolarité. Et avec un petit mois de vacances, ils n’auront pas assez de temps pour se ressourcer. Et à la longue ils vont finir par abhorrer l’école de guerre lasse. À preuve, beaucoup de dirigeants ont préféré quitter très tôt l’école.
De ce point de vue, le fameux PSE n’apportera rien dans l’amélioration de l’éducation. S’il suffisait de changer le calendrier scolaire pour relever le niveau des élèves, les chercheurs pédagogiques ne perdraient pas leur temps et n’useraient pas leur méninge pour des réformes plus intelligentes. Surtout quand le nouveau calendrier crée plus de problèmes qu’il n’en résolve. Il est loin de faire l’unanimité pour des questions pratiques.
Pourquoi tenter d’inventer la roue ? Sans doute, pour bénéficier de la manne des bailleurs de fonds qui financent ce projet.
On a assez tâtonné depuis 1972 et l’échec cuisant de la malgachisation qui a généré des mutants de l’éducation, incapables de distinguer le genre et le nombre. On s’est évertué à tout traduire quitte à faire n’importe quoi et compliquer davantage les choses. On avait malgachisé même les noms des établissements passant de
Epp à Sff, de Ceg à Saff, de lycée à lisea sans que cela ait apporté quelque chose dans le niveau des élèves et de l’enseignement. Les séquelles de cette malheureuse expérience sont encore ressenties jusqu’aujourd’hui. L’électorat est composé de 80% d’illettrés de même que beaucoup d’élus.
Puis on a tenté l’approche par compétence à l’époque de Ravalomanana où il était déjà question de rallonger le premier cycle du primaire à neuf ans. Une réforme au stade expérimental qui a disparu avec le coup d’État de 2009. Et on a roulé avec le PSE en 2014 sous l’impulsion du ministre Paul Rabary père des enseignants Fram recrutés par vague sur financement de la Banque Mondiale. Maintenant on parle de retour en arrière étant donné que le PSE fait l’objet de polémique et de contestation. Les nouveaux cadres
du ministère de l’Education nationale eux-mêmes sont loin de
maîtriser le sujet. On attend donc les résolutions de l’atelier d’évaluation du PSE tenu à l’hôtel Carlton au début du mois.
Il faut arrêter de jouer avec l’avenir des enfants en procédant, à chaque fois, au tâtonnement dans toute tentative de réforme de l’éducation. Les changements doivent émaner d’une demande locale et non parachutés de l’extérieur en échange d’un financement colossal. C’est surtout dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement qu’on doit montrer la souveraineté nationale. Le système d’éducation doit être conforme à la politique de développement du pays et répondre aux besoins nationaux en matière d’emploi dans tous les domaines. Pour le moment, il y a loin de la coupe aux lèvres. On joue au Play Station Éducatif.

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