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Gouvernement – Cinq députés dans la salle d’attente de Mahazoarivo

Que va décider Christian Ntsay ?

Les élus de la majorité ont remis les noms des cinq personnes qu’ils proposent pour siéger au sein du nouveau gouvernement, hier. Trois hommes et deux femmes figurent sur la liste.

Cinq noms. Quelques députés l’ont chuchoté durant le week-end, en parlant de quatre noms proposés. Ils l’ont officialisé, hier, en y ajoutant un de plus. Les élus composant la majorité à l’Assemblée nationale, ont remis à Christian Ntsay, Premier ministre, hier, les noms des cinq d’entre eux qu’ils souhaitent siéger au sein du gouvernement, au palais d’État de Mahazoarivo.
Les différentes sources restent muettes, jusqu’alors, quant à l’identité des cinq députés que leurs pairs souhaitent voir siéger au sein du gouvernement. La seule certitude est qu’ils sont trois hommes et deux femmes. « Trois sont issus de l’IRD [Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina] et deux sont membres du groupe des indépendants », rapporte une source parlementaire.
Selon elle, les députés ont plaidé devant le chef du gouvernement, qu’on leur donne l’opportunité d’avoir des personnes issues de leur rang dans son équipe. « Nous lui avons expliqué qu’il était nécessaire d’avoir des élus au sein du gouvernement. Des personnes ayant une légitimité populaire. Cela facilitera, également, la collaboration et l’écoute entre l’Assemblée et le gouvernement. Souvent, les ministres n’écoutent pas les députés qui portent, pourtant, la voix de la population », affirme une élue contactée.

Complaisance parlementaire
Elle d’ajouter que « cela a toujours entraîné des différends entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale et causé des motions de censure. Les ministres nous snobent, nous prennent de haut. Les relations sont plus simples avec les députés nommés ministres. Ils peuvent, également, porter nos desiderata au sein des réu­nions de l’Exécutif ».
Dans son discours de campagne, pour briguer la présidence de la Chambre basse, Christine Razana­mahasoa a souligné que « ce ne serait que justice », que des députés siègent au sein du gouvernement. Puisque les ministres, selon elle, « doivent être éprouvés. Ils doivent avoir obtenu une onction populaire ». Les députés Oranges et les indépendants pro-pouvoir ont, visiblement, appliqué à la lettre les propos du numéro un de la Chambre basse.
L’alinéa 3 de l’article 54 de la Constitution dispose que « sur proposition du Premier ministre, [le président de la République] nomme les membres du gouvernement (…) ». Aux députés donc, le locataire de Mahazoarivo aurait répliqué « j’ai reçu votre proposition. Il est certes, légitime que des élus siègent au sein du gouvernement, mais il faut qu’on en discute avec le chef de l’État. C’est à lui qu’appartient la décision finale ».
Ayant dû avoir lieu le week-end dernier, la formation du nouveau gouvernement a dû attendre le retour au pays de Andry Rajoelina, président de la République, dont le séjour à Maurice a été prolongé jusqu’à hier, sauf changement. Les informations qui circulent avancent, du reste, qu’en haut lieu, le souhait est que l’ancien team Ntsay ne connaisse pas de grands changements afin de ne pas casser la dynamique de l’administration.
C’était, cependant, sans compter sur les revendications de la superpuissance parlementaire à Tsimbazaza. Si la nomination des cinq noms présentés, hier, est non négociables, les deux chefs de l’Exécutif auront le choix entre évincer quelques ministres sortants ou augmenter le nombre de départements ministériels. Le nombre actuel de ministères suit pourtant la lettre de l’Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM) et la politique d’austérité voulue par le président de la République.
Seulement, il y a, maintenant, des paramètres politiques à tenir compte. Les « exigences », de la majorité risquent, toutefois, de briser le principe de séparation des pouvoirs et enrailler le mécanisme de contrôle parlementaire des actions gouvernementales et d’évaluation de la politique publique. Avec quelques-uns des leurs au sein du gouvernement, « la complaisance parlementaire », pourrait devenir la règle à s’en tenir aux explications.
Une posture qui serait contraire aux objectifs affirmés par Christine Razana­mahasoa de redorer l’image de l’Assemblée nationale et que l’institution joue pleinement son rôle. Au regard de la donne actuelle, du reste, l’idylle naissante entre l’Exécutif et la Chambre basse pourrait prendre fin dès les premières contrariétés des « exigences parlementaires ».

 

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