Economie

Filière Bois Précieux – Baisse catastrophique des activités

Les maquettes de bateau en bois précieux n’ont pas pu être exportées et attendent patiemment des acheteurs locaux.

La note suspendant les activités d’exploitation des bois précieux fait payer de lourds frais aux opérateurs. Les mesures d’accompagnement n’existent pas.

Pertes. La société de fabrication de maquette de bateau, Le Village, n’a plus eu de commande, depuis le début du mois de février. L’activité dépend à peu près de 60% de bois précieux, pour vivre. Trois cents maquettes par an y sont fabriquées et une bonne partie s’adresse à un marché étranger. Une note « d’instruction portant assainissement des produits forestiers » remplacée par une autre note «d’instruction portant assainissement des bois précieux » reçue au mois de février, a stoppé net les activités d’exportation de la société Le Village. La note s’adresse à toute entreprise, possédant ou non de concession de terrain d’arbres. Il n’est donc pas possible de couper, de transporter, de faire circuler, d’exploiter, ni de procéder à de quelconques fabrications et il est interdit d’en exporter, brut ou travaillé. Les agréments et conventions d’exploitation et d’exportation, de même que les autorisations de coupe ont été suspendus par les directions régionales de l’Environnement et du développement durable, depuis le 29 janvier dernier. « Cela a, bien sûr, impacté directement sur notre chiffre d’affaires » déplore Cyril Salabert, directeur de l’entreprise.
« Mais ce qui pénalise le plus, c’est qu’il y a un flou total concernant l’exportation du bois. Normalement, la note concerne le palissandre, les bois d’ébène et le bois de rose, mais il est également difficile d’exporter des produits faits en bois ordinaire ou du bois dur ordinaire », continue d’expliquer le propriétaire.
Une autre note expliquant la différence de traitement du bois brut ordinaire et du bois travaillé serait, ainsi, la bienvenue pour les opérateurs. Aucune mesure d’accompagnement de cette suspension d’exploitation n’a été annoncée jusqu’ici.

Dépôt de bilan
Les activités d’exploitation ont été suspendues et c’est sans appel. Le ministre Alexandre Georget, en marge d’une réunion avec les directeurs régionaux en charge de l’Environnement et du développement durable, la semaine dernière, a encore surenchéri la suspension de l’exploitation de bois précieux jusqu’à nouvel ordre. Il n’a pas donné plus d’explications sur les tenants et aboutissants de l’assainissement et de la lutte contre l’exploitation illicite, censés, être l’axe de cette décision de suspension. Les résultats de ces opérations d’assainissement semblent venir encore de loin. À l’instar de l’entreprise Le Village, qui fait vivre quelque quarante familles et qui se contente pour l’heure, de quelques commandes locales en bois ordinaire, d’autres entreprises telles Hazovato, Tropical Wood et autres moyennes entreprises spécialisées en menuiserie et ébénisterie dans toute l’île se retrouvent toutes dans la même galère.
« Nous serons bientôt obligés de fermer boutique. Notre stock est épuisé depuis longtemps, si la note ne se lève pas même pour les professionnels, le dépôt de bilan serait le mieux pour nous », avance un professionnel.