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Editorial

Pac…otille

Un record certainement. La proposition de loi sur la modification de la loi sur les Poles anti-corruption a été quatre fois ajournée avant d’être votée avec quelques « amendements » hier. Qu’est-ce qui s’est donc passé pour expliquer cette tergiversation? Il faut savoir que l’adoption de cette loi en 2016 est une exigence des bailleurs de fonds dans la lutte contre la corruption. Le pouvoir Rajaonarimampianina s’est fait tirer l’oreille pour l’adopter. C’est donc un grand pas qui a été fait. Mais curieusement un député s’est évertué à proposer une loi modifiant la loi initiale sur les Pac. Il a trouvé que les Pac détiennent beaucoup trop de pouvoir qu’il va falloir l’en délester. Et bien évidemment la proposition a été votée avec célérité à l’Assemblée nationale. En revanche, elle a été bloquée au niveau du Sénat alors composé par des parlementaires de l’ancien régime. Dès l’arrivée des nouveaux membres de la Chambre basse, la proposition est relancée.

Des réticences ont été observées. Certains sénateurs ont pris conscience de l’importance de la modification et surtout des conséquences futures. Ils ont préféré ajourner le vote à plusieurs reprises. Des pressions de part et d’autre ont eu certainement lieu. Mais finalement la modification a été adoptée avec des amendements factices. À qui profite donc ce désossement des Pac? Qui ont intérêt à ce que les Pac deviennent des pacotilles?

Ce n’est pas bon signe pour la justice et l’appareil judiciaire marqué ces derniers temps par des décisions controversées et rocambolesques à l’image du pourvoi en cassation des verdicts de la cour criminelle ou du conseil d’État. Pire la remise en liberté de certains acteurs notoires de kidnapping est loin de rassurer l’opinion. Tout cela ne milite pas en faveur d’une justice crédible et digne de confiance.

2 commentaires

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  • Bravo pour la chronique. Non seulement ne n’est pas bon signe pour la justice en général mais pire, pour la démocratie et le développement dont la corruption a toujours constitué un frein majeur ! Ce député qui n’est pas nommé aura ainsi atteint Sonidéal.. Mais ce dernier n’est pas seul, entouré par une multitude de coreligionnaires aussi déterminés à poursuivre leurs « petites » exactions locales au détriment de l’intérêt des populations dont ils sont censés défendre l’intérêt, honteux et extrêmement délétère pour la démocratie ! Aux plus hauts responsables d’en tirer les nécessaires conclusions qui s’imposent, sinon le cabinet CECOM aura toutes les peines du monde à faire entendre les effets positifs d’une bonne gouvernance. Le député qui se sera reconnu devrait à ce titre lire l’article du jour dans la rubrique Economie « Gouvernance et lobbying » où il est entre autre indiqué qu’un simple instituteur de campagne pourrait être rémunéré 1.000.000 d’ariary/mois, dans un contexte idéal qui n’est pas évidemment le sien..

  • A Madagascar, grâce au cheval de Troie qu’est la démocratie, ce sont les Rapetout, Remanabila et les Daltons qui s’occupent de délester la loi anti-corruption. Il n’y aura plus que le contenant à l’arrivée, I.E le nom avec plein de vides comme une cruche.