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Conjoncture – Le climat des affaires se gâte

Les  prix  des  carburants  sont  figés  depuis  deux  ans.

Omniprésent et parfois omnipotent, l’État peut-il se mettre un peu à l’écart du milieu du secteur privé pour être un simple catalyseur? La question se pose aujourd’hui car ses immixtions ont souvent conduit à divers imbroglios. Prenons l’exemple du carburant. Voilà bientôt deux ans que les prix affichés aux stations-services n’ont pas changé. Ce qui devait se répercuter sur les autres secteurs. Comme les prix des denrées alimentaires de consommation courante. Dans la mesure où une augmentation du prix à la pompe, même de dix ariary, a toujours été, dans le passé, un motif suffisant pour enclencher la spirale inflationniste.

Durant la Transition, non reconnue par la communauté internationale, ignorée par les bailleurs de fonds, le gel de ce prix a poussé de nombreux gérants de stations-services à la faillite. Abandonnés qu’ils étaient par leurs banques pour insolvabilité avérées. Cette fois-ci, l’État a débloqué 172 milliards d’ariary, par tranches, pour les pétroliers, toutes professions confondues, sans donner la moindre explication sur les raisons exactes d’une telle générosité. Des dividendes tombés du ciel. Une forme déguisée de subvention pour le maintien de ce prix à ce niveau immuable?

Authentique exploit

Alors qu’au début de la crise sanitaire, quand les grandes puissances économiques mondiales ont décidé de tout arrêter, les cours du baril du brut et du Brent valaient à peine les cinq dollars. Aucune variation n’a eu lieu à Madagascar. Pour un marché évolutif et fluctuant par excellence, ce statu quo relève d’un authentique exploit. Bien entendu, les valeurs transactionnelles de l’ariary par rapport au dollar constituent aussi un paramètre axial dans le différentiel des coûts, mais il est évident que ce blocage des prix du carburant n’a pas eu l’effet escompté ceux des autres produits de base. Comme le riz, le sucre ou l’huile, à la merci de la dure loi de l’offre et de la demande.

L’intervention de l’État n’arrive pas à saborder les manœuvres spéculatives autour du riz. Même si une légère décrue des prix du ris local a été constatée ces derniers jours. Alors que les importations d’huile ont été frappées par la une majoration importante du Coût-Assurances-Frêt, valeur CAF. L’interférence du ministère de tutelle par la fixation des prix de la vanille verte, conditionnée et à l’exportation a aussi perturbé la bonne organisation de cette filière. Et éveille des soupçons mercantilistes de bas étage.

Au regard des dispositions des textes de loi sur la privatisation des activités des hydrocarbures, en amont et en aval, l’État se devait de jouer les rôles de régulateur, via l’Office malgache des hydrocarbures, OMH. En guise d’illustration de cette « séparation » du pouvoir, le privilège de choisir la société importatrice pour Madagascar revenait au Groupement des pétroliers, GPM. La société Oman Trading a eu la faveur de l’appel d’offres pour douze mois depuis mars.

Le vrai dilemme dans ce blocage des prix vient du maintien du niveau des taux des taxes et redevances en cascades, avant le coût de revient par litre. Or, il s’agit d’une ressource financière facile à en encaisser pour l’État. Aucune échappatoire ne s’offre aux automobilistes. Par la baisse des consommations, un relèvement de ces impositions aurait pu combler un déficit quelque part. Le revers de la médaille.

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