Editorial

Roulette virusse

Les chiffres font peur. Du moins ceux qui croient que le coronavirus est bel et bien mortel. À preuve, une quinzième victime est tombée hier. On est a plus de mille six cents cas depuis le début de l’épidémie pour dix huit mille tests effectués. Le nombre de nouveaux cas ne cesse d’augmenter au fil des jours. Si les statistiques ont fléchi un moment à Antananarivo au détriment de Toamasina, elles sont reparties à la hausse depuis quelques jours comme en témoignent les rapports du week-end avec plus de cent vingt cas samedi et dimanche et vingt-sept nouveaux cas hier. Le pire reste ainsi à venir. La situation s’aggrave depuis le deconfinement total économiquement inévitable. Les mesures barrières font désormais partie des souvenirs. Le relâchement est généralisé par tous et partout. Le port de cache bouche est simplement motivé par la peur de policiers ou de gendarmes. La distanciation sociale est réduite à 15 centimètres au marché ou dans les taxi be. Les endroits ou tous les gestes barrières sont encore respectés sont devenus de pièces rares. Il n’y plus aucun endroit plus ou moins sûr. Les risques sont les mêmes où que l’on se trouve.

Désormais tout le monde est exposé quoiqu’on fasse. On a beau se protéger et respecter les gestes barrières, renforcer les défenses immunitaires avec toutes sortes de tisane ou d’huile essentielles, on n’est plus à l’abri devant tant d’inconscience et de négligences.

Tout le monde semble dire que cela n’arrive qu’aux autres, qu’il faut être foncièrement poissard pour se trouver au mauvais endroit au mauvais moment et tomber dans l’escarcelle de la covid-19. Eh oui, c’est l’attitude générale.

Tout compte fait chacun attend son tour patiemment. On doit passer à l’épreuve de la roulette virusse et si la balle n’explose pas quand le canon est braqué vers vous, c’est là qu’on réalise qu’on n’a rien à perdre avec les masques. Corona a tout simplement eu peur de la cagoule.

Plus sérieusement, les statistiques montrent que l’épidémie s’accélère malgré un nombre croissant de guéris. Le fait que les forces de l’ordre aient l’intention d’arrêter tout simplement les incorrigibles aux mesures barrières montre que le pire est devant nous. En attendant des mesures plus radicales.

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