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Sam Zormati – « J’ai transporté le Président gratuitement »

L’homme d’affaires Sam Zormati s’explique sur ses relations avec Mada­gascar en général, et le président de la République, en particulier.

Le président de la République, Hery Rajaonarimampianina et sa suite auraient fait le trajet Singapour-Tana puis Tana-Istanbul-Paris à bord de la Falcon 900EX immatriculée T7ZOR de Sam Zormati, gratuitement. C’est ce que cet homme d’affaires français, nous a confié dans une interview réalisée par e-mail en fin de semaine.
Ayant participé au sommet « Singapore Madagascar Business Forum », il affirme avoir « proposé au président et sa suite de partager l’avion au retour Singapour-Anta­nanarivo le 19 mai, afin de leur éviter une escale par la ligne, et le 21 mai, même partage sur le vol Antananarivo-Istanbul-Paris pour le sommet humanitaire ».
À en croire Sam Zormati, il n’y aurait eu aucune contrepartie au vol présidentiel à bord de cet avion d’affaires qu’il considère comme « un bureau volant et non pas comme un avion de luxe ». « Le gain de temps et les économies pour tout le monde justifient l’usage de cet avion », lance-t-il, expliquant au passage que « tous mes contrats étaient déjà signés au 19 mai et je n’avais aucun intérêt direct ou indirect à avoir partagé ce vol ». Pour dire qu’il n’aurait pas transporté la délégation présidentielle en échange d’une quelconque faveur, notamment de la signature de la fourniture à la Jirama d’une centrale électrique ou d’un contrat pour la rénovation urgente de l’hôtel Cinq étoiles d’Ivato.

Arrangement amiable
Et assurant ne pas être le seul à faire preuve d’autant de générosité, il renvoie « au site jetsmarter pour avoir tous les vols en jet gratuits qui existent pour les prochaines semaines ».
Bien que la mise en œuvre de ces contrats qu’il avait signés avec les autorités malgaches connaisse des difficultés qu’il reconnaît lui-même, il martèle ne pas avoir abordé ces sujets avec le chef de l’État. « Ce n’est pas au président de résoudre ces problèmes », tente-t-il d’expliquer. Pour justifier qu’il n’a pas parlé de ces affaires avec Hery Rajao­narimam­pianina, il met en avant que « dans l’avion, il y a des espaces différents » et que « le président était accompagné des membres de son cabinet ».
Il assure même ne pas s’en faire autant que cela d’avoir été évincé de la gestion de l’hôtel Cinq étoiles d’Ivato. « J’étais plus heureux que toute autre chose de ne pas dépenser 30 millions de dollars car pour un hôtel qui a déjà coûté 55 millions de dollars, ce n’est pas une affaire », soutient-il.
Sam Zormati assure même ne pas vouloir porter plainte malgré ce qu’il affirme être un blocage de l’application du contrat sur la fourniture de centrale pour la Jirama, ou le défaut d’approbation de son contrat de rénovation de l’hôtel Cinq étoiles pour lequel il dit avoir déjà mis en place une garantie bancaire. Il nie ainsi vouloir porter plainte pour non-respect de contrat. « Je pense trouver un arrangement à l’amiable afin que l’on rembourse tous les frais engagés », tempère-t-il, plutôt.
Mais il ne cache pas non plus sa volonté d’aller voir ailleurs si ses affaires continuent d’être bloquées. « Je suis prêt à investir avec tous les dirigeants de bonne volonté, mais ma patience a des limites. Et comme je sais investir, je peux également me désengager et investir ailleurs », tempête-t-il.

Recueillis par Bodo Voahangy