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Problème foncier – Le diocèse d’Antananarivo à fond derrière les agriculteurs

Après le diocèse de Miarinarivo, c’est au tour de celui d’Antananarivo d’affirmer son soutien aux agriculteurs. Le vicaire général d’Antananarivo a tenu un discours réprobateur contre les responsables à tous les niveaux.

Sévère. C’est le ton adopté par le père Ludovic Rabenatoandro, vicaire général du diocèse d’Antananarivo, hier, pour dénoncer la situation des agriculteurs. Depuis le début de la semaine, des responsables de l’église catholique se tiennent aux cotés des paysans pour bétonner leur revendication et les dénonciations des difficultés auxquelles ils font face. L’ouverture de la foire des paysans au Bureau de coordination de ses actions sociales (BUCAS), à Antanimena, le diocèse d’Antananarivo a, semble-t-il, voulu réaffirmer cet engagement.
Non seulement, le diocèse d’Antananarivo héberge mais, il appuie aussi les agriculteurs dans l’organisation de cette foire. Après avoir conduit la messe d’ouverture, le vicaire général a pris la parole durant les séries de discours d’ouverture. Devant une assistance composée de paysans, mais, surtout, de représentants ministériels, le religieux a prononcé des mots qui sonnent fortement comme des semonces contre « les responsables à tous les niveaux », comme il le souligne.

Engagement
« Qu’importe si nous sommes écoutés ou pas. Comme Jean, faisons une introspection sur notre rôle en tant qu’homme d’église, en tant que responsable et n’hésitons pas à dénoncer. Cela parce que la majorité d’entre eux affirment être des chrétiens, des fils de Dieu. Nous sommes investis d’une mission, (…) si nous voulons que le bien-être et la félicité se perpétuent, faites le bien. Accomplissez votre tâche avec volonté et droiture (…) », a déclaré le père Rabenatoandro.
Durant son intervention, le vicaire général a pesté contre « l’accaparement » des terres des paysans. « Les terres sur lesquelles ils vivent et qui les  font vivre sont accaparées. Où iront-ils, la capitale est saturée, alors qu’en brousse, leurs biens sont spoliés, sans parler de l’insécurité. Il est temps d’en parler car ce sont ces gens qui font vivre la population. (…) Personne n’apportera, ne serait ce qu’une cuillérée de cette terre dans la tombe, alors laissons les gens vivre et protégeons leur métier (…) », a tonné le responsable du diocèse d’Antananarivo.
Cette prise de position du père Rabenatoandro intervient deux jours après la manifestation de Soamaha­manina, où des villageois, en majorité agriculteurs, ont contesté la mise en marche d’un projet d’investissement minier chinois. Un mouvement où des responsables de l’église catholique étaient, visiblement, partisans. L’événement a, certes, coïncidé avec la clôture d’une assemblée générale de Justice et paix, mais les discours prononcés par les religieux durant la séance de clôture ont été centrés sur les revendications des habitants de la commune.
« L’église ne fait pas de politique, mais elle vous encourage, vous les laïcs à en faire. Faire de la politique pour le bien être commun, pour défendre l’intérêt du pays. Ce que je vous demande c’est : qu’importe ce qui se passera, restez solidaires », a, notamment, soutenu  monseigneur Jean Claude Randrianarisoa, évêque du diocèse de Miari­narivo. Les opinions dites, lundi, à Soamahamanina et, hier, à Antanimena pourraient faire état de l’engagement de certains responsables de l’église catholique dans la défense des agriculteurs.
Dans un de ses communiqués de ces derniers mois, la conférence des évêques de Madagascar (CEM), a, également, déjà fait part de ses doutes quant à la décision de léser les agriculteurs et éleveurs au profit des grands investissements, tout en faisant part de ses doutes quant à la clarté des projets. Une missive publiée, justement, dans un contexte de conflit foncier entre une autre compagnie d’investissement minier chinois et les habitants d’une localité dans la région Sofia.
La CEM, à chaque occasion, ne manque pas de rappeler aux responsables étatiques la nécessité d’avoir dans l’optique de chaque prise de décision, l’intérêt général. Hier, à la fin de son allocution, le vicaire général d’Antananarivo a semblé, lui aussi, remettre en cause la bonne foi des autorités politiques.

Garry Fabrice Ranaivoson

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