TENNIS – QUESTIONS À DINA RAZAFIMAHATRATRA - « Il n’y a pas de place pour les opportunistes»


Toujours à l’affût de l’actualité à Madagascar surtout sportive, Dina Razafimahatratra, Consultant technique bénévole auprès de la fédération malgache du tennis livre son point de vue sur le mode de sélection des athlètes qui représenteront Madagascar en tennis aux JIOI de 2023.
  • Après la sortie de la liste des joueurs/joueuses sélectionné(e)s pour représenter Madagascar aux JIOI de 2023, des voix s’élèvent allant jusqu’à évoquer de copinage. Pouvez-vous apporter des éclairages pour éviter les mauvaises interprétations?
Tout d’abord je tiens à préciser que les décisions qui émanent du comité exécutif de la fédération malagasy de tennis (FMT) se font toujours d’une manière collégiale et réfléchie. On a sorti un communiqué qui détermine clairement la légitimité des membres des équipes nationales hommes et dames suite à des critères bien précis comme l’investissement personnel des joueurs à s’entrainer et à jouer des tournois pour toujours progresser durant les deux dernières années et bien sûr de leur classement. Il est important de signaler qu’on ne se trompe pas sur les choix de nos joueurs tout comme on ne s’est pas trompé en 2015 où l’effectif était composé à 75% de joueurs et joueuses expatriés. Durant ces Jeux des îles de l’océan Indien, on a raflé les cinq médailles d’or en jeu. On essaiera juste de faire pareil et de se donner les meilleures chances pour briller.
  • Dans votre communiqué, l’expression « en bon terme » avec la FMT est parmi les sources de mauvaises interprétations. Vos commentaires.
Effectivement cette expression a été interprétée dans son sens le plus pur par ceux qui ne sont pas dans le milieu du tennis ou ceux qui y sont mais qui sont loin d’endosser la carrure d’un juge arbitre ou technicien. Cette expression «en bon terme» est souvent utilisée par les structures telles la confédération africaine de tennis ou encore la fédération internationale de tennis quand elles spécifient les éligibilités des joueurs pour participer à un tournoi donné. Ici être en bon terme avec la FMT veut tout simplement dire être en règle, être aucunement sanctionné par la FMT.
  • Pourquoi la FMT n’a-t-elle pas organisé un tournoi de sélection à Madagascar pour éviter des éventuels problèmes?
Effectivement, passer par une sélection aurait été idéal mais dans la mesure du possible. On avait une contrainte temps imposée par le ministère de la Jeunesse et des sports qui consistait à donner les noms des membres des équipes nationales (6 joueuses et 6 joueurs) au plus tard le 2 juin 2023. Cette situation a fait en sorte qu’on a dû faire des nominations des joueurs et joueuses les plus méritants et les plus performants. Ces nominations ont fait qu’il n’y a pas eu de place pour les opportunistes. Car il faut savoir que ces Jeux se jouent tous les quatre ans et accueillis par Madagascar tous les dix-sept ans. Cette situation est devenue une belle opportunité pour tout le monde d’être en scène à domicile. Mais ce n’est pas pour cette raison qu’on doit changer nos critères qui visent à choisir les meilleurs joueurs malgaches du moment.
  • Le mot «opportunistes» concerne qui exactement?
J’entends par opportunistes, ceux et celles qui veulent prendre les décisions à notre place. Ceux, qui n’ont pas joué sur la scène nationale et internationale depuis deux ans ou plus et qui espèrent à tout prix la tenue d’une sélection globale. Il faut aussi savoir que les meilleurs joueurs malgaches sont des expatriés et c’était toujours le cas depuis toujours. Cette année chez les hommes, on a recensé l’indisponibilité des joueurs expatriés de carrure comme Jean Jacques Rakoto­hasy, Sampras Rakotondrai­nibe, Dylan Andrianaly. Heureusement que les Toky Ranaivo (Etats-Unis), Lucas Andriamasilalao (France), Fenosoa Rasendra (Afrique du Sud) seront là. Cette situation a laissé la place à d’autres nominations des joueurs locaux comme Nicolas Rahari­vony, récent champion de la section Tanà ville, ou encore Roméo Rakotomalala, champion de Madagascar en titre. Ils sont cinq et là un tournoi de sélection restreint se fera pour déterminer le sixième joueur. Cette sixième place est réservée aux joueurs qui veulent tout de même se faire un nom en équipe nationale et qui pensent qu’ils ont une chance.
  • Qu’est-ce que vous avez à dire sur la sélection féminine?
Chez les dames on a retenu les six meilleures joueuses du moment qui évoluent toutes en dehors de Madagas­car. Mialy Ranaivo, Narindra Ranaivo, Harena Voavian­draina, Mitia Andraina Voavy, Miotisoa Rasendra et Iriela Rajaobelina sont incontestablement au-dessus du lot de par leur niveau de jeu et leur classement mais aussi par rapport à leur préparation avant même la tenue des Jeux. Mirindra Razafinarivo, notre talentueuse joueuse de quinze ans, quant à elle partira prochainement pour le Canada et ne sera donc pas disponible. Pour Zarah Razafi­mahatratra, elle a exprimé son souhait de s’orienter dans le coaching. On l’a poussée dans ce sens et elle a obtenu son level 2. Elle est d’ailleurs pressentie pour tenir la direction de la sélection nationale féminine durant les Jeux des îles. Et pour moi, la voir réagir sur les réseaux sociaux qu’elle veut encore jouer demeure incompréhensible.
  • Comment s’annonce le regroupement par rapport à la tenue des Jeux des îles?
Jusqu’ici on attend les instructions du ministère de la Jeunesse et des sports. Normalement, ils ont prévu que certains de nos joueurs sélectionnés puissent faire un stage en France mais cela ne dépend donc pas de nous.De notre côté la tenue de la Billie Jean King Cup groupe IV qui se jouera à Kigali du 5 au 10 juin sera déjà une sérieuse préparation pour nos joueurs. De même chez les hommes qui participeront à la Coupe Davis groupe V prévue se tenir à Kinshasa à partir du 19 juin. J’espère tout de même qu’il y aura un regroupement final à deux ou trois semaines de l’évènement. Et ici quand on parle de « jeux», l’État sait ce qu’il doit faire.
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