PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE - Un fabricant et des commerçants de produits contrefaits en prison


« A Journey to One ». Tel est le titre d’un film documentaire que la Fondation Akbaraly présentera au Festival de Cannes, à l’occasion de la 76e édition du Festival international du Cinéma. Petite victoire des propri- étaires de marques. Des contrefacteurs séjournent provisoirement en prison depuis vendredi. Il s’agit d’un fabricant et de deux vendeurs de produits contrefaits de Maki Company. « Ils copiaient nos produits. Ils faisaient un léger changement, mais utilisaient le nom de notre marque pour attirer des clients. Le fait d’induire en erreur les clients est déjà une infraction », a lancé Vero My, gérante de cette entreprise, hier. La contrefaçon fait perdre des sommes considérables aux propriétaires de marques. « Notre vente a baissé de 20% en 2020, pendant l’épidémie de coronavirus qui a favorisé les contrefaçons. Alors que cette société nourrit une centaine de familles. La situation s’est un peu améliorée. Mais ces derniers temps, nous avons observé une nouvelle augmentation des contrefaçons», enchaîne-t-elle. Cette entreprise se bat contre les contrefaçons depuis 2011. Elle met la main sur des copies de ses produits, presque chaque année, aux quatre coins de l’île.

Banque de données

Des contrefacteurs, des commerçants, ont été déjà sanctionnés à Nosy Be, à Ambilobe, à Antsiranana, et à Antananarivo. Mais ce combat est loin d’être terminé pour les propriétaires de marques à Madagascar. Les produits contrefaits se propagent toujours sur le marché. Hier, des copies des tee-shirts et de shorts de cette entreprise ont encore été vues sur les étals des marchands à Analakely, à Andravoahangy et à Behoririka. Les articles d’habillement ne sont pas les seuls à être victimes de contrefaçon. Même des produits alimentaires, comme des biscuits, des chocolats, sont copiés. Ces entreprises ont déposé leurs marques à l’Office malgache des propriétés intellectuelles (Omapi), pour les protéger. Cependant, elles se sentent délaissées dans cette lutte. Pour elles, l’Omapi n’est qu’une banque de données. Elles exhortent le soutien de l’État pour éradiquer la contrefaçon. « Nous essayons d’être le plus réglo possible, en payant les impôts, entre autres. Alors que des commerçants qui ne payent pas d'impôts violent les règles, mais ne sont pas sanctionnés » déplore Vero My. Elle affirme que la majorité de leurs adversaires sont sortis sursitaires.
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