Culture

Manifestations – Les créateurs d’événements dans la dèche

Les manifestations et petits concerts commencent à émerger un peu partout pour le plus grand plaisir du public, mais jusqu’à quand ?

Voilà donc près de trois mois maintenant que la scène culturelle et artistique s’est tue. Un sentiment d’ignorance totale à l’égard des artistes en cette longue période de confinement.

OUBLIÉS et délaissés, voire quasiment laissés de côté, ce sont généralement les sentiments qu’éprouvent les acteurs culturels et artistes de tous horizons à l’heure actuelle. Dans une période des plus troubles, où une pandémie presque incontrôlable fait rage partout dans le monde et où une cacophonie grandissante autour des patrimoines architecturaux nationaux se fait entendre, la grande majorité d’entre eux survivent tant bien que mal au jour le jour. Presque trois mois maintenant que les manifestations culturelles et toutes formes de rassemblements populaires furent interdites pour mieux faire face à la propagation du Covid-19 au pays.

L’heure est alors au bilan auprès de tous les acteurs de l’industrie culturelle et de l’événementiel national. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le bilan est lourd, les pertes sont graves et nombreux sont ceux qui se sont perdus sur le champ de bataille du marché du travail. Entre dépôt de bilan et chômage technique ou partiel, les entreprises de création événementielle accusent le coup.

Patienter

« C’est vraiment très difficile, nous avons pourtant tout tenté pour pallier à ces pertes, nous avons notamment sollicité le soutien des autorités, mais en vain. Que ce soit auprès du ministère de la Culture que celui des Finances, nous avons tenté des approches et des dialogues, mais jusqu’à maintenant, on nous demande de patienter » confie une responsable au sein d’une entreprise événementielle.

Le renouveau est-il viable? Force est de constater que les artistes accompagnés par quelques institutions culturelles, s’adaptent ou plutôt se résignent tant bien que mal à subsister au-devant de la scène. Là où l’Institut Français de Madagascar (IFM) par exemple, de même que le Cercle GermanoMalgache (CGM/GZ) et son projet « meinOrt » ont quasiment revu à zéro leur programmation des événements actuels, pour qu’ils soient accessibles via les réseaux sociaux, d’autres promoteurs culturels tentent de fédérer à nouveau le public à travers des séries de concerts minimalistes. « On a décidé de prendre des initiatives, mais toujours en respectant strictement les règles d’hygiène imposées par les autorités et ce durant la matinée exclusivement. Est-ce suffisant ? Et bien il faut croire que non malheureusement », souligne Mampiray Solofoniaina, créateur événementiel. Une grogne se faisant en effet entendre de plus en plus de la part de la communauté culturelle désormais, le tout s’affirmant autour de plusieurs problématiques. « Vu nos difficultés, que se passe-t-il si on arrête tous ? Et si l’art et la musique n’existaient plus ? », scandent-ils entre autres. Le fait est que pour l’heure, ce renouveau qu’apporte le confinement et la pandémie ne semble pas encore viable. « Quid des mesures d’accompagnement ? Car on se sent désormais orphelins », rajoute Mampiray Solofoniaina. Il faut admettre que jusqu’ici, la situation des artistes nationaux ne va pas s’améliorer de sitôt.

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