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Santé – La fistule condamne des femmes

Cette femme témoigne sur les difficultés qu’elle a rencontrées ainsi que sur sa guérison après chirurgie.

La fistule obstétricale est encore méconnue. Or, beaucoup de femmes en souf­frent en silence de l’impossibilité d’une intervention chirurgicale réparatrice.

Honte et rejet. C’est ce qui résume la vie des femmes atteintes de fistule dans la vie quotidienne. C’est le cas de Virginie qui a subi de nombreuses interventions chirurgicales. Cette femme a subi six opérations avant de connaître que sa maladie ne peut plus être soignée. Selon les explications, Virginie aurait subi six interventions depuis qu’elle a été diagnostiquée par les médecins. Cette irréversibilité est due à la répétition de la chirurgie à maintes et maintes reprises. En conséquence, elle ne pourra plus guérir de cette maladie. « Ce sont les cicatrices ou probablement la présence d’un cancer qui rendent la chirurgie impossible dans le cas de ces interventions répétées », explique le Professeur Yoel Rantomalala, Urologue.

La fistule étant une maladie encore méconnue, elle atteint les femmes qui ont eu une complication lors de l’accouchement. Ces femmes ont une incontinence permanente et un problème de santé dont la chirurgie est la seule alternative pour la guérison. Pour une autre femme, venant de loin, se trouvant dans le même cas, la chirurgie réparatrice aurait été également impossible.

Difficulté
Ces femmes victimes de cette maladie ressentent la honte et font l’objet d’une raillerie, d’un rejet, ainsi que d’une discrimination de la part des personnes qui les entourent : « Les gens de ma communauté m’ont rejetée depuis que je suis atteinte de cette maladie. Ils se sont moqués de moi et j’ai honte de cette situation », témoigne Margueritte, une femme âgée de 28 ans, habitant à Anosibe An’ala, venue à Antana­narivo pour se faire réparer. Le manque de sensibilisation constitue une difficulté parmi tant d’autres dans le cadre de la lutte contre cette maladie puisque les plus atteints résident dans les zones enclavées ou sont loin des centres de santé.

Un suivi est organisé après chaque intervention. Après l’opération chrirurgicale, les femmes pourraient vivre normalement après un certain délai. Le suivi consiste à indiquer aux malades le moment où elles devraientt enlever la sonde. « De plus, ces dernières doivent espacer de plus de deux ans leur grossesse, pour permettre la cicatrisation totale », indique une responsable au niveau du pavillon Sainte-Fleur à Ampefiloha où une centaine de femmes ont été prises en charge depuis trois années consécutives.

Des opérations organisées

Une opération chirurgicale sur la fistule est organisée au niveau Pavillon Sainte-Fleur au Centre Hospitalier Joseph Ravoahangy Andrianavalona, dans le cadre de la célébration de la journée mondiale pour la lutte contre cette maladie, ce jour. Vingt-cinq femmes venant de Tsiroanomandidy et d’Anosibe An’ala dans la région Alaotra Mangoro ont été prises en charge. Cinq autres femmes ont déjà subi l’intervention depuis quelques semaines.