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Editorial

Deuxième blague

Qui peut émettre un avis autorisé sur les mesures appropriées dans la lutte contre la deuxième vague de la Covid-19? Il est surprenant de voir des entités dont la vocation et l’attribution n’ont rien à voir avec la médecine publier un communiqué ou faire une déclaration dictant à l’État les mesures qu’il doit prendre. On dirait que les dispositions qu’il faut adopter sont plutôt d’ordre politique que médical. Le président de la République a été on ne peut plus clair à propos du vaccin. Il s’en remet à l’avis de l’Académie de médecine en ce qui concerne le choix ou le type de vaccin approprié à notre cas.

Dans sa nouvelle version, la Covid-19 est tout sauf une blague. Plutôt que le vaccin dont l’efficacité reste à prouver quelle que soit son producteur, c’est plutôt les mesures barrières qu’il faut renforcer. Alors que le 20 mars 2020, on avait déclaré l’état d’urgence sanitaire avec les trois premiers cas, aujourd’hui tout est encore permis alors qu’on dénombre en moyenne cinq décès par jour et cent nouveaux cas par jour. C’est juste ahurissant comparé au bilan de l’année passée. On se souvient de l’imbroglio du 6 mai 2020 quand l’Institut Pasteur avait publié un bilan de soixante-trois nouveaux cas pour une journée. À l’époque c’était énorme et l’ISPM avait fait l’objet d’une enquête. Aujourd’hui les chiffres affolent les compteurs et on est encore loin du pic prévu vers le mois de juin-juillet avant que la courbe ne redescende. On avait parlé de phase 2 du confinement lorsque les morts se comptent par centaine. On en est bien au-delà aujourd’hui.

A priori, le confinement s’impose naturellement mais on sait qu’il s’agit d’une mesure contraignante pour beaucoup et inadaptée aux conditions de vie d’un pays pauvre où les gens doivent sortir quotidiennement pour trouver de quoi mettre sous la dent. Du coup il appartient à chacun d’adopter le confinement qui lui convient, s’accorder une liberté provisoire dans la journée avant de s’isoler par la suite. Il faudra peut-être songer à changer à ce que carême soit également synonyme de confinement et de jeûne. La pilule passerait plus facilement.

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