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Migration – Des milliers de personnes fuient Antananarivo

Des milliers de Tananariviens ont pris d’assaut les taxis-brousse, certains, les étudiants, pour rejoindre leurs familles.

Toute une foule se ruait vers les gares routières, ce week-end. Quitter Antananarivo, à tout prix, est son leitmotiv.

Un camion à benne embarque une vingtaine de personnes avec leurs bagages, devant le stade Maki à Andohatapenaka, dans l’après-midi de samedi. Leur destination, le Nord de l’île. Ce véhicule de transport de marchandises est bondé, les passagers sont à l’étroit dans le caisson. Ils se sont pliés à cette condition de voyage pour quitter Antananarivo à tout prix et cela, le plus vite possible. « Nous allons rentrer chez nous, car nous avons peur du coronavirus. Nos parents nous ont aussi demandé de revenir, vu qu’il n’y aura pas de cours pendant quinze jours », témoigne une jeune fille, parmi les passagers. Elle a prévu de rejoindre ses parents à Ambanja.

Les gares routières et les stationnements à Antananarivo ont accueilli des milliers de voyageurs, samedi et dimanche. Plusieurs personnes ont décidé de « fuir » la capitale, après la déclaration de trois cas de coronavirus à Antananarivo, par le chef de l’État, Andry Rajoelina. Ils ont peur de contracter la maladie. « Nous allons partir pour Antsohihy. Là-bas, il fait chaud, on dit que le coronavirus ne survit pas dans les zones chaudes », lance une femme. « Nous souhaitons être près des nôtres, avec cette épidémie », indiquent de jeunes étudiantes qui décident de retourner à Toamasina.

Réservations

Hier, plusieurs personnes sont rentrées bredouilles du stationnement de Fasan’ny Karàna à Anosizato. Pareil samedi, à Antohomadinika et à Andohatapenaka. Plusieurs personnes n’ont pas pu partir. Les coopératives ne disposaient pas assez de véhicules pour transporter les milliers de personnes qui se présentaient à leurs guichets.

Celles qui s’évadent vers les campagnes, sont aussi nombreuses. Ainsi, les taxis-brousse qui relient Antananarivo à Manja­kandriana, à Antanifotsy, à Ambatolampy, à Ankazobe ont été tous pleins, ce week-end. « Nous craignons que le voyage ne soit interdit bientôt, alors nous préférons partir dès maintenant», explique Hanitra Ratsitovahy.

Des coopératives n’ont plus de places disponibles, jusqu’à mercredi. Elles sont toutes réservées. D’autres s’abstiennent de faire des réservations au-delà de mercredi. « Nous ne savons pas si les voyages seront encore possibles au-delà de mercredi », indique le responsable d’une coopérative à Andohatapenaka. Le directeur général de l’Agence de Transport terrestre (ATT) de répliquer : « C’est leur initiative personnelle. Jusqu’ici, aucune instruction sur la suspension de voyages terrestres n’a été donnée. La déclaration se fera, lorsqu’il est nécessaire de le faire », souligne le général Jeannot Reribake.

Aucun véhicule ne devait sortir des gares routières, sans avoir rempli les manifolds dans lesquels sont inscrits les numéros de téléphone des passagers et du membre de leur famille à contacter en cas de problème, leurs adresses, leurs lieux de destination et leurs lieux de départ. « C’est pour la traçabilité de chaque voyageur. Si un passager est malade, on pourra entrer en contact facilement avec ses voisins de siège», indique une source. La plupart des transporteurs n’ont enregistré que les numéros de téléphone. « C’est difficile pour nous d’avoir toutes les informations», confie un chauffeur.