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Agroalimentaire – Délocalisation régionale et exportation pour la croissance

La Brasserie Star innove ses produits comme d’autres industriels locaux pour gagner sa part de marché à l’international.

Si l’industrie agroalimentaire est, par définition, globalement dépendante de la production dans l’agriculture, l’élevage et la pêche, elle devrait être le fer de lance de Madagascar.

Le profil du pays et ses ressources démontrent en effet un potentiel identifié de 8 millions d’hectares de terres cultivables, 80% de la population vivant de l’agriculture en zones rurales, sans compter le nombre de ressources de pêches et d’élevage sur la Grande Île.

Dépendance à une industrie agricole encore faible

Il est utile de constater qu’en 20 ans, la part de l’agriculture dans le PIB, bon an mal an, a presque stagné à 7,6% en 2019 avant la crise sanitaire de 2020, contre 6,1% avant la crise politique de 2009. Pendant cette période, la situation globale des agriculteurs et leur activité n’ont pas connu d’évolution marquante. Ils sont restés dans l’agriculture de subsistance, par manque de politique d’orientation industrielle et de mesures d’accompagnement. La part du secteur secondaire, toutes activités confondues, sur la même période, en souffre, bloquée à 20%, alors que la moyenne de la région SADC est de 23,4% et celle des BRICS, 31%.

Timide réveil de l’agroalimentaire

La conséquence directe sur l’industrie agroalimentaire se ressent actuellement avec une stagnation constatée sur sa part dans les activités économiques réelles de Madagascar : 4,5% en 2009, passée à 4,2% en 2019. Il est pourtant à rappeler que sa croissance en 2019 est positive à 3,2%, démontrant un potentiel réel du pays dans cette industrie, porté par des investissements privés, des demandes croissantes de produits transformés sur le marché local et surtout à l’extérieur, et la résilience des acteurs du secteur.

Plusieurs sociétés industrielles malgaches répondent actuellement à ces demandes, notamment sur l’exportation, et ce, sur de nombreux produits transformés ou semi-transformés sur lesquels la Grande Île excelle : vanille, cacao, chocolat, girofle, poivre, litchi, fruits, boissons, plantes médicinales ou même des plantes destinées à l’industrie cosmétique, …

Chocolaterie Robert, Scrimad, la Brasserie Star, Madecasse Chocolat , Socolait, Agrivet, … De nombreux industriels locaux ont traversé des décennies tout en gardant leurs métiers respectifs, en innovant afin d’engranger des parts de marché de leurs produits sur le marché international. D’autres industriels internationaux, comme Symrise ou Givaudan qui fournissent des grands groupes agroalimentaires européens, se sont implantés dans les régions sources de produits locaux afin de former les agriculteurs locaux dans de nouvelles pratiques et d’obtenir des produits performants pour l’exportation.

Leur point commun, c’est d’avoir délocalisé des métiers en se rapprochant des régions phares des produits cultivés : cacao au nord-ouest, vanille au nordest, fruits à l’est et au sudest, fruits au moyen ouest, ylang-ylang au nord, … L’acquisition de plantations à grande échelle et l’installation de pôles de formations pour les cultivateurs locaux ont appuyé la croissance de ces exportateurs afin de se conformer à la demande internationale et aux normes requises.

Ces industriels ont ainsi soutenu le secteur agroalimentaire pour atteindre une valeur ajoutée brute de 2.935 milliards d’ariary en 2019. A titre de rappel, cette valeur était de 821 milliards d’ariary en 2009.

Ces chiffres démontrent le potentiel réel de l’industrie agroalimentaire, et directement de l’agriculture de Madagascar. Le pays est certes en pleine mutation industrielle, mais ses voisins de la zone SADC évoluent plus rapidement dans l’agroalimentaire. En locomotive régionale du secteur, l’Afrique du Sud a enregistré 10,2 milliards de dollars d’exportation en produits agricoles et dérivés, dont la majorité est vendue à des pays d’Afrique et d’Asie.

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