Chronique

Chronique de VANF – Chacun son tour à la table des vivants

On était quelques-uns à avoir raccompagné Franck Raharison à sa dernière demeure d’Ambodifahitra, au coeur de l’Avaradrano, vieux territoire des fondateurs, dont (ne) sont (que) les descendants les «Terak’i Fohiloha» qui, pourtant, les toisent du haut de leur «tranomanara».

J’avais connu Stéphane Jacob à Midi-Madagasikara, Zo Rakotoseheno étant en charge de l’autre équipe de rédacteurs. J’ignore si Midi-Madagasikara a gardé cette organisation que j’ai connue en 1992. C’est pourtant Franck Raharison que j’avais rencontré en premier, en allant déposer un texte manuscrit (ni PDA encore moins de smartphone, pas d’ordinateurs portables mais une flotte de Mac Classic) à Madagascar Tribune, au lendemain du 10 août 1991.

Bien d’anciens les auront précédés dans la tombe, mais j’avais donc «pratiqué» ces trois-là, à des degrés divers. Les années ayant passé, c’est avec Franck Raharison, lors de veillées passablement arrosées au desk de La Gazette de la Grande Île, que j’eus le plus de partages. En fait, ayant été jeune lui aussi, il pouvait «témoigner» des rivalités chez les «grands anciens», manies des uns contre travers des autres : droit d’inventaire dans des souvenirs dont certains remontaient au «Courrier», prédécesseur du «Matin». Avec cette vague impression, chez moi, que «tout le monde se connaît dans la Taïga» : un titre se mourrait, et c’est toute la rédaction qui migrait ensemble ailleurs.

Christian Chadefaux, malgré un texte de «chien écrasé» sollicité bien auparavant, je n’aurai finalement fait sa connaissance qu’en 1995. Ici, à L’Express de Madagascar, à la rédaction proprement dite, nous ne sommes guère plus que trois de cette année 1995, celle de la fondation du journal : Sylvain Ranjalahy, Éric Ranjalahy et moi-même. Mais, un journal, c’est aussi le labo photo (argentique), la PAO (QuarkXpress sur Mac), la publicité, un secrétariat (sur ligne fixe), l’administration-comptabilité, la diffusion, les déplacements. En tout et pour tout, nous devons être une petite dizaine de l’année 1995. Chacun se reconnaîtra sans que je fasse ici l’appel des noms.

Ceux de 1995 sont devenus des anciens, à leur tour. Les Christian Chadeaux, Stéphane Jacob, Zo Rakotoseheno et Franck Raharison, avaient eux-mêmes appris auprès des pionniers des années que même un quinquagénaire d’aujourd’hui n’avait pas pu connaître. Ceux-là ont depuis longtemps quitté la rubrique des actualités pour figurer dans des livres d’histoire (la presse jusqu’au procès VVS, la presse jusqu’à l’affaire MDRM, la presse jusqu’à la Loi-Cadre). Glissement naturel d’une classe d’âge à une autre. La vie.

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