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Sainte-Marie et Madagascar : liaison dangereuse

Un presque naufrage de routine, sauf crash tragique. La «résurrection» presque miraculeuse, rescapé d’entre les flots, d’un membre du Gouvernement, déjà porté disparu, sera venue souligner l’absurdité d’un autre accident qui, sinon, serait (encore) passé inaperçu.

Qu’en 2021, une vingtaine de personnes perdent accessoirement la vie pour une simple liaison maritime entre l’île de Sainte-Marie et la «Grande Terre» de Madagascar est d’une stupidité sans nom. Que, cette traversée ne soit jamais banale, alors qu’elle est quotidienne pour des centaines de personnes qui ont «affaire» sur les deux rives, souligne l’état de sous développement du transport public à Madagascar.

Ce n’est, malheureusement, aucunement une nouveauté. Qu’une délégation gouvernementale se soit déplacée, au presque péril d’un Secrétaire d’État, pour finalement quoi d’autre que constater une fatalité, doit interpeller sérieusement: comment, enfin, «rattacher» sans aléatoire au continent malgache cette terre qui se dérobe, comme toute île.

Le HZMB (Hong Kong, Zuhai, Macao, Bridge) est, avec 55 km, le plus long pont maritime au monde. Et le pont Sutong, au-dessus du fleuve Yangtze, reliant Suzhou à Nantong, fut consacré comme l’ouvrage de génie civil le plus exceptionnel au monde pour l’année 2010 par l’ASCE (American Society of Civil Engineers). Un pont maritime entre Sainte-Marie et Madagascar aurait tellement plus de sens qu’un téléphérique entre Anosy et Andohalo.

Post-scriptum : Cette Chronique d’il y a dix ans, du 29 août 2011, ne doit pas devenir un marronnier des liaisons tragiques entre Madagascar et son satellite Sainte-Marie : «Le décès d’un ministre permet d’attirer l’attention sur la précarité des traversées entre le

« Tanibe », la Grande Terre de Madagascar, et les îles les plus connues du grand public, comme Sainte Marie ou Nosy-Be. Malheureusement, il faut ce genre d’accident, plus médiatique que les dizaines d’autres qui se produisent dans l’indifférence, pour que, peut être enfin, les autorités envisagent sérieusement la question. Question de l’état des bâtiments qui assurent la navette, question de l’expertise de l’équipage, question du professionnalisme du service à bord, question de la coordination avec les services météos, question de la cohésion du dispositif de secours (terrestre, maritime, aérien), question des assurances. On ne peut laisser indéfiniment l’accès à ces îles, destinations touristiques et lieux de villégiature comme résidences tout de même habituelles de milliers de personnes, au petit bonheur la chance. Transport terrestre ou transport maritime, la même procédure pointilleuse que pour le transport aérien devrait s’appliquer.

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