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Chronique

Bekoto symphonique

Habituellement, un public Mahaleo supporte difficilement qu’on arrange autrement ses «classiques». Il est même arrivé (plusieurs fois) qu’il hue sévèrement un(e) importun(e), quand bien même invité(e) sur scène par les Mahaleo historiques, les seuls, les vrais.

Sauf que Raoul est mort. Que Nônô est mort. Que Fafah est mort. Que Dadah est mort. Que, finalement, c’est le destin naturel de Mahaleo d’être (re)incarné par une nouvelle génération.

Comme l’a dit à plusieurs reprises Bekoto, devenu le doyen d’âge, «Mitohy mandrakizay ny revy Mahaleo». Ce sera toujours du Mahaleo, mais autrement. À moins de faire indéfiniment du pastiche qu’on saura ne pas être l’original pour le restant de notre carrière de fans susceptibles et de clients-rois gardiens du temple.

Ce dimanche 20 décembre 2020, près de cinquante ans après les débuts officiels d’un groupe devenu légendaire, cette fidélité à lui-même ne fut pas le choix de Bekoto. À moins qu’il ne soit justement jamais aussi fidèle à lui-même qu’en faisant autrement. En essayant autrement. En osant autrement.

Et parce que c’était Bekoto. Et parce que les jeunes artistes de «Jejy Music Orchestra» furent très respectueux pour ne pas être respectés en retour. Et parce que ce fut simplement rafraîchissant. Inattendu et beau.

Sans devenir symphonique, on peut investir dans du vrai matos pour faire du Mahaleo au plus juste (n’est-ce pas Izy-Valo). Mais, plus généralement, une simple guitare fait l’affaire. Absolu profane en musique, je ne vais pas m’improviser à définir ce qu’est un orchestre symphonique. Mais, les jeunes musiciens de «Jejy Music Orchestra» jouèrent des cordes, des vents, des cuivres, des percussions, laissant cependant le clavier à Bekoto.

«Salanitra» type Ennio Morricone dans «Le Parrain» ou «Il était une fois en Amérique», «Antanambao» en hira gasy presque martial, «Ravorondreo» en folk. Les violons, altos et violoncelle, jouèrent du Bekoto celtique. Pourquoi pas. Finalement, le rythme déjà naturellement décalé de l’auteur de «Lendrema» se prêterait volontiers à d’autres expérimentations.

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