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ZONE MANGROVE ANTSAHABINGO – 48 heures pour démanteler des clôtures illégales

L'adjoint de la PDS, Fabien Rabezafy en blanc, entouré du président du Conseil municipal, à gauche.

Bras-de-fer entre la commune urbaine de Mahajanga et un ressortissant étranger. Ceci face à l’installation de clôtures en tôles autour de la zone mangrove à Antsahabingo.

Face à l’installation de clôtures en tôles autour de la zone mangrove à Antsahabingo, surtout à la destruction de la zone protégée, un ultimatum de 48heures, par écrit, a été accordé au particulier, propriétaire des lieux. Ce dernier a refusé vertement la décision des autorités, car le terrain est titré et borné en son nom. La commune avec les entités concernées a alors décidé d’ester l’affaire auprès du tribunal administratif pour statuer. La direction régionale de l’aménagement du territoire Boeny, la commune urbaine de Mahajanga par le biais de l’adjoint de la délégation spéciale de la commune urbaine de Mahajanga, Fabien Rabezafy, ainsi que le nouveau directeur interrégional de l’environnement Boeny/ Betsiboka, Jimmy Christian Andrianantenaina ont effectué une descente à Antsahabingo, vendredi après-midi.

Le président du conseil municipal, Georges Rakotoson ainsi que des directeurs au sein de la municipalité ont accompagné cette délégation. Ce, pour constater de visu la situation sur place. « La zone dite sensible et protégée qui est une partie des mangroves fait l’objet d’une coupe interdite. La construction de clôtures sans autorisation de la commune urbaine de Mahajanga et surtout de la direction régionale de l’aménagement du territoire Boeny est également illégale. Même si le terrain est borné et titré au nom du propriétaire, toute action de construction de clôture devra faire l’objet d’une demande d’autorisation au niveau des autorités. Nous allons porter l’affaire devant le tribunal car il refuse aussi d’enlever les clôtures », a déclaré Fabien Rabezafy. « Nous faisons du bien à Madagascar. On demande du respect pour les investisseurs ici. Le terrain est titré et borné en notre nom. Nous refusons de démanteler les clôtures. Le même traitement doit aussi s’appliquer à ce mur de 3m de haut d’à côté, et non pas seulement chez nous », a rétorqué l’interpellé.

Zones sensibles

La délégation spéciale de la commune a rappelé l’obtention d’un permis de construire avant de pouvoir procéder à la construction. La destruction de la forêt des mangroves est condamnée par la loi. La zone de mangroves à Antsahabingo fait également partie des zones sensibles. À l’image des aires protégées et les zones périphériques, les stations forestières ne disposant pas encore de plan d’aménagement, les arboreta, sont aussi définis comme zones sensibles.

Les permis d’exploitation ou d’extraction des produits ligneux en cours dans ces zones sensibles doivent être retirés. Toute activité d’extraction de ressources ligneuses dans les zones sensibles sont prohibées, selon l’arrêté n°12704 /2000 du 20 novembre 2000. Le littoral à Antsahabingo est en passe d’être totalement détruit. Il n’est plus à son état naturel. « Il faut laisser la zone dans son état initial et selon la nature. Son exploitation et sa transformation sont strictement interdites », a précisé Fabien Rabezafy. Le nouveau directeur interrégional de l’environnement Boeny aura un premier rôle et important à tenir dans cette situation, pour défendre l’intérêt et la priorité du pays sur la protection de l’environnement.

Convention de Ramsar

Les mangroves sont des zones sensibles protégées par la conventiion de Ramsar
et un habitat pour les espèces halieutiques.

La protection de la zone des mangroves à Antsahabingo fait partie de la convention de Ramsar. Tout comme la zone humide et mangroves à Manapatanana, route d’Amborovy et au pont Fiofio. La convention de Ramsar, officiellement convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau, aussi couramment appelée convention sur les zones humides, est un traité international adopté le 2 février 1971 pour la conservation et l’utilisation durable des zones humides, qui vise à enrayer leur dégradation ou disparition, aujourd’hui et demain, en reconnaissant leurs fonctions écologiques ainsi que leur valeur économique, culturelle, scientifique et récréative sous la désignation de site Ramsar. La convention porte le nom de la ville iranienne de Ramsar où elle a été adoptée.

L’accès est cloturé à Antsahabingo.

CODE DE CONDUITE – Les ressources halieutiques à protéger

À Mahajanga, la mangrove représente un habitat pour les espèces halieutiques. Selon le Code de conduite pour une pêche responsable (FAO, 1995), la mangrove, en tant que forêt inondée, représente un habitat particulièrement propice pour les espèces halieutiques. Les pêcheries associées aux mangroves sont fondamentales pour la subsistance des populations locales et offrent des avantages commerciaux pour un grand nombre d’acteurs, incluant les communautés locales de pêcheurs. En conséquence, les réglementations intéressant le secteur des pêches ont un impact sur celles-ci. De plus, le Code ajoute que les habitats importants pour les poissons, tels que les mangroves, les récifs coralliens et les lagons, doivent être protégés de la pollution et de la destruction. Le Code réglemente aussi l’aquaculture, activité, fortement responsable de la destruction des écosystèmes de mangroves. Le Code pose le principe selon lequel le développement de l’aquaculture doit conserver la biodiversité et minimiser les effets des élevages de poissons ou de crustacés sur les populations sauvages de poissons, qui augmentent les réserves de poissons pour la consommation des populations. Les Etats doivent prendre les mesures nécessaires afin de préserver les communautés locales des effets néfastes de l’aquaculture sur leur subsistance.

 

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