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PARLEMENT – Le Sénat se la coule douce

La salle des séances plénières du Sénat sonne creux depuis plus de trente jours. 

Depuis le début de cette deuxième session ordinaire du Parlement, c’est le calme plat au Sénat. Aucune activité législative ne s’y est tenue jusqu’ici, aucun ordre du jour n’y a été adopté.

Inédite. C’est peu de le dire s’agissant du scénario qui se joue au Sénat. La situation est tellement inédite que même les législateurs ne l’ont pas anticipé. Aucune disposition légale n’impose en effet les travaux législatifs durant une session parlementaire, ni ne sanctionne collectivement les membres d’une institution parlementaire en cas de session buissonnière. Depuis le début de cette deuxième session ordinaire du Parlement, rien ne se passe au Sénat.

Il n’y a eu que la cérémonie d’ouverture officielle de la session qui selon la Constitution, dure soixante jours. C’était le 18 octobre. Plus de trente jours après le coup d’envoi de la session budgétaire, selon toujours la Loi fondamentale, c’est le calme plat à la Chambre haute. Aucune séance plénière et encore de travaux de commission ne s’y sont déroulés jusqu’ici, même pas pour l’élaboration et l’adoption d’un ordre du jour. Une séance plénière a bien été programmée au Sénat, mardi dernier. Elle devait être précédée d’une réunion du bureau permanent, suivie d’une conférence des présidents dans l’optique d’élaborer et ensuite voter le premier ordre du jour de la session pour cette institution.

Seule­ment, le rendez-vous a été reporté. Une autre séance plénière devait se tenir ce jour. Seulement, là aussi ce sera partie remise et aucune des sources contactées n’a été à même de dire pour quand, jusqu’à l’heure. Depuis le début de cette deuxième session ordinaire du Parlement, les sénateurs n’ont eu au programme que des événements publics où ils ont joué des rôles de figurants officiels.

Amorphe

Les informations partagées sur la page Facebook officielle de la Chambre haute depuis plus de trente jours ne concernent que des rôles de représentation tenus par les sénateurs. Herimanana Razafimahefa, président de l’institution d’Anosy, a passé près de deux semaines “en mission”, à l’étranger.

Accompagné du sénateur Jean André Ndremanjary, doyen de la Chambre haute, Herimanana Razafimahefa a fait une escapade à Londres, avant de sillonner les travées de la 27e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 27), durant quelques jours. Un détour pour renforcer le plaidoyer de Madagascar concernant l’allocation du fonds vert pour le climat, selon une publication sur la page Facebook du Sénat. Le président de l’institution d’Anosy et le doyen des sénateurs sont rentrés au pays la semaine dernière. En l’absence du président de la Chambre haute, les sénateurs enchaînent les tournées en province.

L’un d’entre eux s’est même exercé au combat de rue, en boxant un chauffeur de Taxibe, du côté d’Anosizato, il y a quelques jours. De prime abord, le Sénat attend les navettes parlementaires déclenchées par les votes de projets ou propositions de loi par l’Assemblée nationale. Après un mois relativement calme, la Chambre basse n’a concrètement entamé les travaux législatifs que la semaine dernière. L’absence de texte de loi à l’affiche ne justifie pourtant pas que les sénateurs se la coulent douce, allant jusqu’à déserter le palais du Sénat, durant plus de la moitié d’une session ordinaire. Certes, il n’y a eu rien de consistant, également, du côté de l’institution de Tsimbazaza, ces trente derniers jours. Les députés ont, néanmoins, essayé de sauver les meubles en votant, puis modifiant son ordre du jour. En tenant quelques séances de travaux de commission.

Sauf changement, il y a des textes dont l’étude et le vote ont été ajournés qui sont toujours dans les placards de la Chambre haute. La situation actuelle tend à démontrer, par ailleurs, que les sénateurs sont amorphes et n’ont aucune initiative de loi, ni de résolution. Ce ne sont pas les sujets de société sur lesquels des initiatives parlementaires sont les bienvenues qui manquent pourtant. Le projet de loi de finances 2023 est, du reste, à la disposition des parlementaires depuis la semaine dernière. Les sénateurs peuvent profiter du temps durant lequel les députés vont débattre sur le projet de texte budgétaire afin prendre de l’avance et démarrer également les cogitations de leur côté. Une pratique appliquée durant les précédentes années pour s’accorder un peu plus de temps pour étudier le projet de loi de finances, en attendant la navette parlementaire.

1 commentaire

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  • Grosses « M….des » tous ses sénateurs gros, gras, corrompus et fénéants de surcroit !
    Justifiez vos indemnités par des exemles concrets pour soulager la nation ????