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MARCHÉ DU RIZ – Priorité à la sécurisation de l’approvisionnement

Les consommateurs sont rassurés sur la disponibilité du riz.

Pour les autorités, l’enjeu du moment est d’assurer l’approvisionnement régulier en riz des marchés, notamment durant la période de soudure ou « maitso ahitra ».

La semaine passée, lors de son déplacement à Toamasina, le Ministre de l’Industrialisation du commerce et de la consommation, Edgard Razafindravahy, a encore réitéré la nécessité de sécuriser l’approvisionnement en riz pour les mois à venir.

Le membre du gouvernement a, de ce fait, effectué une visite au grand port de l’Est pour s’enquérir de la situation des stocks de la société SPM qui est missionnée par l’Etat pour importer du riz afin de réguler le prix de cette denrée alimentaire stratégique. C’est à cette occasion que le Ministre a tenu à souligner que les consommateurs n’ont pas à se faire du souci car les stocks sont suffisants pour satisfaire la demande et pour faire face aux différentes éventualités saisonnières. Au niveau des prix du riz, la Cellule de l’Observatoire du Riz (ODR) a indiqué dans son dernier rapport qu’une légère hausse du prix moyen du paddy, du riz blanc local et importé sur les marchés nationaux a été constatée depuis le mois d’août en raison de l’épuisement des stocks auprès des paysans, amplifié par la rentrée progressive vers la période de soudure. Ainsi, le prix moyen du riz blanc est passé de 2 264 ariary le kilo en juillet à 2 380 ariary en août, soit une augmentation de 5,1%.

Pour le paddy, le kilo est vendu autour de 1 297 ariary le kilo actuellement, soit une hausse de 75 ariary comparé au mois de juillet. À savoir également qu’au cours des 8 mois de l’année 2022, le cumul des importations malgaches de riz est estimé à 514 050 tonnes, contre 423 423 tonnes pour la même période de l’année précédente. Par rapport au volume importé de la même période en 2021, celui de janvier à août 2021 a accusé une hausse de 90 627 tonnes.

Cette situation, a-t-on expliqué, peut être attribuée à l’incitation de l’Etat aux opérateurs de poursuivre les importations en riz pour freiner la hausse du prix du riz local après la grande récolte. On sait, en outre, qu’au niveau du marché international, les stocks de riz se finissant en 2021 ont progressé de 3,1% à 192,2 Mt contre 186,4 Mt en 2020. Ils représentent près de 38% des besoins mondiaux de consommation et sont au-dessus de la moyenne des cinq dernières années.

Hausse des stocks mondiaux

Cette hausse tient principalement à l’amélioration des stocks indiens grâce aux bonnes récoltes. Par contre, les réserves chinoises auraient reculé une nouvelle fois de 0,5% et pourraient encore baisser en 2022. Dans les principaux pays exportateurs, les stocks ont progressé de 5%, soit 30% des stocks mondiaux. Pour cette année 2022, on prévoit une nouvelle augmentation des stocks mondiaux de 2,3%, mais ils pourraient reculer de 3% en 2023 en raison de la baisse annoncée de la production. L’année dernière, le commerce mondial a progressé sensiblement de 13% à 51,5 Mt contre 45,6 Mt en 2020. C’est la plus forte hausse depuis cinq ans. Les besoins d’importation ont augmenté de 10% en Asie du sud. En Chine, les achats externes ont progressé de 42%. En Afrique subsaharienne, on a assisté aussi à une forte reprise des achats externes, notamment au Nigéria.

C’est dans ce contexte que l’Inde a battu tous les records d’exportation à 21,4 Mt, soit 48% de mieux que son précédent record de 2020 et représentant 42% du commerce mondial. En 2022, les prévisions indiquent une nouvelle progression des échanges mondiaux de 5,7% à 54,4 Mt. L’Inde, malgré les risques de réduction des exportations durant le dernier trimestre de l’année, maintiendra son leadership mondial avec une prévision de 20 Mt. Fin août dernier, le marché mondial montrait des signes de tensions. A cela est venu s’ajouter, début septembre, l’annonce des autorités indiennes d’arrêter les exportations des brisures de riz, lesquelles représentent 20% des exportations indiennes de riz. Des mesures visant à atténuer les tensions sur les prix internes. Par le passé, de telles restrictions ont contribué à engendrer une envolée des cours mondiaux.

Or, le contexte actuel est très différent avec plus des trois quarts des exportations mondiales prévues en 2022 déjà réalisées. De plus, la période entamée des récoltes principales en Asie ont permis la mise progressive des produits sur le marché jusqu’à la mi-2023, ce qui devrait atténuer les tensions sur les approvisionnements avec des hausses des cours mondiaux relativement modérées dans les mois à venir.

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