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Editorial

Zone flanche

Un coup d’estoc. Le projet de loi de finances initial prévoit la suppression des avantages fiscaux accordée depuis presque quarante ans aux entreprises franches. Ce serait une recommandation du Fonds monétaire international sous prétexte de renflouer l’assiette fiscale. Autrement dit les entreprises franches ne le seront plus si le projet de loi est adopté par les deux chambres du Parlement. La zone franche avait été créée pour attirer les investisseurs étrangers avec justement des avantage fiscaux. Un système qui fait actuellement fureur dans beaucoup de pays à l’image du Maroc.

Le taux de chômage commençait à être inquiétant. Lors de la campagne de l’élection présidentielle 1989, le candidat Manandafy Rakotonirina avait estimé à deux cent mille par an le nombre d’emploi qu’il faut créer pour absorber les jeunes diplômés qui arrivent sur le marché du travail. Ratsiraka a repris l’idée de son malheureux adversaire en créant la zone franche.

Beaucoup d’entreprises étrangères, mauriciennes et chinoises en particulier, sont venues dans les années 90 s’installer à Madagascar. Outre les avantages fiscaux, les atouts de Madagascar sont le faible coût de la main d’œuvre et l’habileté des ouvrières. A l’époque il n’y avait ni problème d’énergie ni encombrement du port de Toamasina.

C’est donc tout cela qu’on remet en cause aujourd’hui. Un sacré coup de poignard pour une centaine d’entreprises regroupant cent cinquante mille emplois directs. Il est clair que si le projet de loi est voté, toutes ces entreprises vont mettre la clé sous le paillasson. Elles n’ont plus aucun intérêt à rester. Déjà avec le problème d’énergie qui retarde énormément la finition des commandes, l’encombrement du port de Toamasina qui retarde l’expédition, Madagascar ne constitue plus un premier choix pour les entreprises étrangères. Beaucoup sont déjà parties ailleurs au Vietnam, au Maroc, au Bahamas ou en Éthiopie

Les entreprises franches auxquelles on reproche un salaire de misère, font tourner l’économie grâce aux exportations vers des pays comme l’Europe, la Chine ou les Etats-Unis. Les conséquences d’une telle décision risquent ainsi d’être très graves. La pauvreté pourrait s’aggraver davantage comme dans le passé avec les conditionnalites imposées par les bailleurs de fonds pour ne citer que la dévaluation du FMG ( pour booster l’exportation) les taxes sur le riz et les médicaments… Des mesures impopulaires et irréalistes dont la conséquence était l’affaiblissement du pouvoir d’achat face au renchérissement des coûts des biens et services. La descente aux enfers continue. On refait la même erreur en espérant avoir de meilleurs résultats. L’histoire jugera.

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