Politique

Lutte contre la corruption – Les doléances prolifèrent

Le nombre de dénonciations de la corruption a augmenté depuis la mise en place de I-Toroka. Certains dossiers vont être transférés à la police judiciaire.

Les gros poissons doivent modérer leur appétit. La lutte contre la corruption est désormais digitale. Cinq mois après la mise en place du système i-Toroka, une plateforme de dénonciation en ligne, le Bureau indépendant anticorruption (Bianco) est assailli de doléances. Dans les statistiques publiées dans son site web, le Bianco a reçu 1829 doléances entre le 1er juillet et le 30 septembre contre 1233 pour le second trimestre. «Les doléances prolifèrent et certains concernent de grandes personnalités et à fort enjeux », déclare Laza Eric Donat Andrianirina, directeur général du Bianco, hier lors d’une conférence de presse au Carlton.

La plateforme i-Toroka permet aux citoyens de dénoncer les faits de corruption. Elaboré à partir du logiciel Global Leaks, la confidentialité de l’identité du dénonciateur est sécurisée à tel point que même les investigateurs du Bianco ne pourront pas connaître la personne au bout de la ligne sans son consentement. Toutefois, ils peuvent interagir avec les dénonciateurs. « Il y a des doléances de qualité avec de gros enjeux », affirme Laza Eric Donat Andrianirina. Ainsi, dans les statistiques du troisième trimestre publié dans le site du Bianco fait état de trois ministres et quatre directeurs centraux poursuivis.

Dilemme

En conséquence, l’agenda des limiers du Bianco sont ainsi garnis. Quatre cent quatre-vingt-dix nouveaux dossiers s’ajoutent à ceux de la période précédente. Pour traiter ces doléances, les agents de cette entité de lutte contre la corruption étudient la possibilité de confier certains dossiers aux officiers de police judiciaire. « On n’a pas suffisamment de moyens humains et budgétaire, ainsi, on est face à un dilemme. Va-t-on se concentrer sur les dossiers des personnalités et confier les autres aux policiers et aux gendarmes car ce n’est pas la compétence exclusive du Bianco», poursuit-il. Les résultats de l’Afrobaro­mètre 2018 présenté en février classe toutefois les forces de l’ordre dans le top trois des corps les plus corrompus. Ainsi, les observateurs se demandent sur la faisabilité de cette option.

I-Toroka pour dénoncer la corruption

Depuis lundi, une délégation du Conseil Consultatif de l’Union Africaine sur la Corruption (CCUAC) évalue Madagascar sur la mise en œuvre de la Convention de l’Union Africaine sur la Prévention et la Lutte contre la Corruption (CUAPLC). Ils recommandent l’application et la mise en vigueur des textes sur la lutte contre la corruption et le renforcement de capacité aussi bien humain, technique et financier des entités œuvrant dans cette lutte. Dans une démarche d’échange, I-Toroka est identifié comme l’une des bonnes pratiques en matière de lutte contre la corruption

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