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Communales – Une dernière semaine pour convaincre

Les candidats aux élections communales n’ont plus que quelques jours pour convaincre les électeurs. Dans certaines communes comme à Antananarivo, cette dernière ligne droite servira à départager des duels.

Décisive. Il ne reste plus qu’une semaine avant le 27 novembre, jour des élections communales et municipales. Il reste autant de temps pour les candidats à convaincre les électeurs.

Comme le veulent les textes électoraux, la campagne électorale prendra fin le 25 novembre, à minuit. Le silence électoral est imposé pour la journée du 26 novembre. Bien que la plupart des candidats annoncent les « faradoboka », ou le bouquet final de leur campagne électorale pour ce week-end, il est certain que chacun va se démener jusqu’à la dernière journée de propagande pour tenter de s’illustrer aux yeux des électeurs.

Le début de campagne poussif a relativement plombé l’ambiance électorale. Les différents quartiers ne s’ani­ment que lorsque les candidats accompagnés d’un bataillon de partisans et d’ani­mation font des descentes ou tiennent des meetings, pour ceux qui s’y adonnent. Les animations mobiles à coup de baffles vociférant les musiques de campagne et slogans des candidats vont et viennent dans l’indifférence des riverains ou des passants.

Coude-à-coude

Étant donné que les communales et municipales sont des élections de proximité par excellence, rares sont les candidats qui ont organisé des shows politiques. La campagne de proximité menée par la plupart des candidats leur aura permis de dépasser les activités tape à l’œil et exposer, du moins, les grandes lignes de leur programme. À chacun son style, des candidats ont, néanmoins, pu sortir du lot.

Dans quelques communes dont Antananarivo, en particulier, les duels annoncés entre des probables favoris se dessinent. Le candidat Naina Andiantsitohaina, porte-fanion du « Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRD), et le candidat Ny Rina Randria­masinoro, du « Tiako i Madagasikara » (TIM), ont clairement pris de l’avance sur les trois autres prétendants au titre de premier magistrat d’Antananarivo.

Le ton franc voire agressif, avec lequel le candidat Alban Rakotoarisoa, présenté par l’« Antoko politika madio » (APM), ne lui a pas permis de bousculer le duel entre les favoris du TIM et de l’IRD. Les deux autres candidats à la mairie de la capitale que sont Eliace Ralaiarimanana et Feno Harison, sont quasiment absents des terrains.

À une semaine du scrutin, pourtant, Naina Andrian­tsitohaina et Ny Rina Randriamasinoro semblent au coude-à-coude. Tous deux ont des bases électorales certaines. Au regard des résultats des élections législatives dans les six arrondissements d’Antananarivo, la partie sera serrée et même incertaine. Quelque centaine de voix pourrait faire basculer le vote en faveur de l’un ou l’autre des deux favoris.

Le taux de participation, mais surtout le vote des indécis sera alors, déterminant. Il ne reste donc, plus que quelques jours à l’ancien ministre des Affaires étrangères et l’ancien secrétaire général de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA), pour mobiliser leurs bases respectives à aller massivement aux urnes et séduire les indécis pour faire pencher l’issue du vote en leur faveur.

Le jeu est, également, serré dans d’autres grandes communes urbaines. À Toliara, un duel se dessine aussi, entre Vita Sidson Dédé, candidat de l’IRD, et Roméo Ratsimbazafy, candidat indépendant. À Toamasina, l’issue de la course aux muni­cipales, est encore plus indécis. Aucun des quatre candidats en lice ne veut céder du terrain à son adversaire.

Le député Roland Ratsi­raka, présenté par le parti « Malagasy tonga saina » (MTS), compte bien réitérer sa performance des législatives et briguer à nouveau la magistrature de la ville du Grand port. Il devra, toutefois, se défaire de l’ancien député Tody Arnaud, qui se présente sous des couleurs indépendantes, mais désigné comme favori du TIM. Bien qu’il ait échoué, son score lors de la députation indique qu’il jouit d’une bonne quote de popularité, à Toamasina.

Toujours dans la ville du grand port, l’artiste Nante­naina Rakotonirina, présenté par l’IRD pourrait déjouer les pronostics. Sa qualité de porte-étendard de l’écurie au pouvoir est un argument de poids. Dans la mêlée, Yvan Fabius, candidat indépendant, mise sur sa jeunesse et sur une approche politique innovante pour tirer son épingle du jeu.