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Audit de QMM – Une recapitalisation « insupportable »

Le ministre des Mines et des ressources stratégiques, Fidiniavo Ravokatra apporte des éclaircissements sur la demande d’audit de QMM.

Choix financier à quiproquo.
La société minière Qit Madagascar Minerals (QMM) demande pour la troisième fois, une recapitalisation. L’État, en tant qu’actionnaire à 20% dans le capital de la société minière déclare ne pas vouloir s’endetter encore plus. « QMM a procédé à une demande de recapitalisation en 2012 et en 2015. En 2016, elle émet encore une autre demande que l’État doit répondre dans les deux années suivant la demande, soit vers la fin de cette année. Le tout s’élève à 92 millions de dollars », fait savoir le ministre des Mines et des ressources stratégiques, Fidiniavo Ravokatra. « L’État n’avait pas les moyens de contribuer à ces nouvelles injections de capital en 2012 et en 2015,
s’élevant à 77 millions de dollars et la société Rio Tinto, actionnaire majoritaire a dû avancer la somme. Cette fois-ci, l’État en tant qu’État actionnaire demande d’abord à mieux comprendre la partie financière, les questions d’investissements, la gestion et l’organisation même du projet d’exploitation avant de s’endetter encore plus pour cette troisième recapitalisation. D’où cette demande d’audit », ajoute-t-il.

Silence

Aux explications, l’État ne compte pas payer avant d’avoir les idées claires pour ensuite prendre les bonnes décisions. « Il ne s’agit guère de faire stopper les activités d’extraction d’ilménite à Taolagnaro. Pour le moment, l’État demande des comptes à QMM et c’est son plein droit », souligne encore le ministre.

La recapitalisation en 2015 a été déclenchée suite à des difficultés financières causées par la chute du cours des matières premières sur le marché mondial. Les pertes cumulées par QMM ont dépassé la moitié du capital social, raison justifiant la recapitalisation. La part de l’État malgache a été assurée par les créances de l’actionnaire Rio Tinto et remboursée avec les futures parts de dividendes. Mais selon le ministre, hier, il n’y a pas de partages de dividendes jusqu’à maintenant et la société n’a pas encore annoncé ses bénéfices. Pour l’heure, aucun moyen d’obtenir des explications de la part de la société QMM, car la responsable de communication, en congé, est indisponible pour fournir des pistes d’éclaircissements. Est-ce que les fonds propres sont insuffisants ? Est-ce une ouverture vers d’autres actionnariats ? Est-ce que l’activité présente des risques ? En tout cas, difficile d’avoir le rapport d’activités de la société sous la main pour en juger, encore moins le PV de la réunion du Conseil d’administration où la partie malgache détient deux sièges. QMM a payé quelques 63 millions de dollars de ristournes minières et de redevances entre 2006 et 2018. La convention d’établissement liant l’État et QMM prend fin en 2023.

« L’État est en train de voir si le contrat doit cesser ou continuer », prévient le membre du gouvernement.