Actualités Faits divers

Miarinarivo Itasy – Deux cadavres sans entrailles

Les dépouilles des deux hommes, victimes d’une vindicte populaire, et enterrées à l’insu de leurs familles, sont vidées de leurs entrailles.

Dures réalités à Ambatoasaina- Miarinarivo. Des membres de la famille des nommés Tsidiso et Nicolas, tués le 18 octobre dernier lors d’une vindicte populaire, sont venus à Antananarivo.
Ils ont décidé de demander des éclaircissements concernant cet acte de barbarie. Selon ces derniers, ils n’étaient avertis de la mort des leurs, qu’après leur enterrement. De plus, les dépouilles des morts étaient vidées de leurs entrailles et leurs pénis ont été remplacés par du ciment. À eux de se demander s’il existe encore un État pour que de tels actes de barbarie puissent avoir lieu. Telles étaient les déclarations de la famille des victimes, lors d’un point de presse au restaurant « Telozoro Andrefan’Ambohija­nahary », hier.
D’après toujours les déclarants, ces deux hommes tués, seraient partis du village d’Amboasary, commune de Tsinjoarivo-Imanga, dans le district de Tsiroanomandidy, avec deux de leurs compagnons, pour effectuer des achats à Ambatoasaina, ce jour là. Grand fut leur étonnement, quand ils ont appris qu’ils étaient tués lors d’une vindicte populaire, car ils étaient suspectés d’être des voleurs. Ils sont venus à Ambatoasaina pour avoir des explications, quant à cet acte, mais ni le fokonolona ni le maire n’étaient au courant d’un quelconque vol de zébus ou de cambriolage dans le village, seulement ils étaient soupçonnés d’être des dahalo, ce qu’il leur a valu la colère des gens du village et l’acte qui s’en est suivi. Les deux autres hommes, sont encore en prison, selon Vonjy Edmond, le père de Nicolas.

Tué par balle
« C’était un jour de marché, ce 18 octobre. Quelques jours avant cela, des maisons ont été cambriolées dans le village, le fokonolona a alors procédé à des tours de garde. Le jour du marché, les gardes avaient remarqué des agissements suspects de la part de ces étrangers, ils ont alors alerté les forces de l’ordre. Voulant procéder à une enquête préliminaire, cela a produit de la panique de la part des jeunes suspects qui ont pris la fuite. Un tir de sommation des poursuivants les a dissuadés, ils se sont arrêtés. Ils ont été amenés de suite au camp de la gendarmerie », selon le lieutenant- colonel Honoré Randrianante­naina, commandant de la compagnie de la gendarmerie d’Itasy.
Entre temps, deux autres hommes d’allure suspecte, ont alerté la vigilance de la population qui s’est lancée à  leur poursuite. Les gendarmes sont venus à la rescousse, ont effectué des tirs en l’air mais en vain, les fugitifs ont même voulu se défendre, ce qui a obligé un des gendarmes à leur tirer dessus tuant l’un d’eux. L’autre est allé se cacher dans un buisson, mais les poursuivants ont brûlé cet abri précaire, l’obligeant à sortir et il fut lapidé par le fokonolona, qui a fini par le tuer. Et c’est le lendemain que les membres de la famille
de la victime sont venus récupérer les dépouilles déjà ensevelies par le fokonolona. L’exhuma­tion a été effectuée devant les autorités de la commune et les forces de l’ordre, qui ont déclaré que les dépouilles étaient intactes et encore habillées. Seulement, quelques jours après, les familles des victimes sont revenus, pour faire part aux autorités que les morts
n’avaient plus leurs entrailles, ce qui devait leur valoir d’être indemnisés par l’octroi de dizaines de bovidés.
La preuve de suspicion d’etre des dahalo a prévalu la mise en détention provisoire des deux autres hommes, selon toujours le commandant de la compagnie de gendarmerie.
Devant, le refus des autorités d’accéder à leur demande, les familles des victimes ont lancé un ultimatum, et ont menacé d’agir en conséquence dans un délai d’une semaine. Histoire à suivre.

Ranaivoson Faniry