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Consommation – La viande de zébu se fait rare

Une longue file de bouchers a été aperçue au niveau des quelques abattoirs ouverts à Ampasika, hier. Le ravitaillement en zébu devient difficile.

Norbert Ratsitorahana, un boucher d’Itaosy, rentre les mains vides d’un abattoir d’Am­pasika, hier après-midi. Un autre boucher d’Antoho­madinika, James Hajatiana, s’est résigné à rentrer avec la moitié de sa commande, de ce même abattoir. « J’ai commandé deux zébus entiers, mais on ne m’en a délivré qu’un seul », déplore-t-il.
Le propriétaire de cet abattoir reconnaît qu’il a de plus en plus du mal à satisfaire ses clients. « Les zébus deviennent rares. Mes commandes ne me parviennent que toutes les deux semaines, si auparavant, un camion surchargé débarque tous les jours », explique-t-il.
Devant cet abattoir, une longue file de bouchers a été remarquée. C’est le même scénario depuis quelques semaines, selon ces personnes qui fréquentent les lieux presque quotidiennement. « Il y a plus d’une dizaine d’abattoirs à Ampasika, mais il n’y a plus que deux qui sont réellement fonctionnels tous les jours », commente Rapeno­manana, un boucher d’Itaosy. Les autres propriétaires d’abattoir auraient des difficultés à s’approvisionner.
Par ailleurs, la qualité de la viande n’échappe pas aux critiques des détaillants. Et James Hajatiana de faire une remarque au propriétaire de l’abattoir « La part que vous m’avez livrée la dernière fois était vraiment médiocre », lance-t-il. « On ne peut plus se permettre de trier les marchandises. On est obligé d’accepter tout ce qui arrive », argumente ce dernier.

Grimper
Cet homme, se ravitaillant dans la région du Menabe, a du mal à expliquer cette disparition progressive du zébu sur le marché d’Antananarivo. Ses collègues de travail soutiennent que ce problème d’approvisionnement a pris de l’ampleur, depuis que des chinois ont bloqué ce domaine. Mais on ne peut pas non plus fermer les yeux, devant les vols de zébus qui sont loin d’être maîtrisés. D’autres bouchers expliquent, par ailleurs, que ce fait est normal, pendant une telle période. « Les paysans emploient leurs bœufs dans le repiquage en ce moment, et se gardent bien de les vendre », éclaircit un autre boucher.
Le prix du kilo de viande de zébu ne cesse de grimper. « Nous avons acheté à 6 800 ariary le kilo au niveau des grossistes, il y a deux mois passés, et maintenant, nous l’achetons à 8 000 ariary pour le vendre à 9 600 ariary», explique Justin Rakotoelison, un boucher de Sabotsy Namehana.
Une prochaine hausse est également prévue. « Tout dépend des prix imposés par les fournisseurs, mais à ce rythme-là, c’est sûr que le prix du kilo va encore augmenter dans les prochains jours », conclut un propriétaire d’abattoir à Ampasika.

Miangaly Ralitera

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