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Village touristique de Mahajanga : Baignade mortelle pour un jeune homme

La mer du Village touristique a une fois de plus avalé un baigneur en vacances. Le jeune homme de 23 ans ignorait l’existence de baïnes dans cette zone.

Une fois de plus, la mer au village touristique de Mahajanga a fait une victime. Dimanche vers 14 h30, un jeune pèlerin de l’Église adventiste, âgé de 23 ans, en vacances à Mahajanga, a eu le malheur d’y nager, la chaleur étant torride. Il devait rentrer à Antananarivo ce soir-là.

D’après le maire par intérim de la commune urbaine de Mahajanga, Emilson Ravelomanantsoa, les responsables de son église l’avaient pourtant averti des risques qu’il y a à se baigner à Mahajanga, sauf au Grand Pavois ou à la petite plage. Un témoin raconte : « Il voulait se baigner, mais auparavant, il a demandé l’avis d’un habitant s’il pouvait plonger et ce dernier l’a convaincu de le faire. Mais subitement, le niveau de la mer est monté là où il nageait, et il a été englouti. On a réussi à le hisser dix minutes plus tard. Malheureusement, après son évacuation à l’hôpital à Androva, il est décédé. »

Ce n’est pas la première fois que ce genre d’accident arrive sur cette partie de la mer du village touristique. Des panneaux d’interdiction de baignade sont installés sur place depuis l’année dernière, après la noyade de trois jeunes adolescents lors des vacances de Pâques.

Des trous trompeurs

« Il s’est baigné à un endroit où le niveau de la mer est très profond alors qu’il ne savait pas nager », explique le médecin du Bureau d’hygiène municipal et social, à Mangarivotra.

Au village touristique, la mer est constituée d’une baïne ou d’un courant d’arrachement, une dépression ou mare résiduelle ressemblant à une piscine naturelle formée entre la côte et un banc de sable. À marée basse, les baïnes se présentent comme une succession de cavités régulières. Elles se forment sur un relief où le phénomène de marée est fort, le sable fin, le dénivelé faible et avec une forte houle. La houle déplace le sable le long du rivage, interférant avec les courants perpendiculaires à la plage.

Ces courants emportent vers le large le sable de fond, creusant ainsi des cuvettes visibles à marée basse qui peuvent atteindre cent mètres de large et quatre à cinq mètres de profondeur. Le danger se manifeste durant les deuxième et troisième heures de la marée montante quand les vagues passent par-dessus le banc de sable qui sépare en partie la baïne de mer, et aussi aux quatrième et cinquième heures de la marée descendante.